COMBAT DEVANT LE MANS
[8628]. Ils sorlirenl par la porte et une forte mêlée commença. André de Ghauvigni^ l'un des plus renommés chevaliers du comte de Poitiers, se dirige vers les nôtres. Là, vous auriez vu grand bris de lances, grand choc des épées d'acier sur les heaumes. Nos gens furent ramenés en arrière. Hue de Malaunoi fut abattu avec son cheval dans le fossé de la ville. Mais le Maréchal, avec Baudouin et Renaut de Dammartin [8652], les repoussèrent d'un trait d'arc. Dans la mêlée, le Maréchal fit prisonnier sire André de Ghauvigni et l'amena jusqu'à la porte. Mais, là, une pierre jetée du haut de la bretèche atteignit sire André et lui brisa le bras. En même temps, une autre pierre frappa son cheval, qui se cabra, se dégagea de son frein et s'enfuit avec sire André, blessé mais délivré. Le Maréchal rentra dans la mêlée et prit deux chevaliers, dont il tint les freins d'une main; mais ceux-ci détachèrent les freins et lui échappèrent. Jean d'Erlée, à qui les freins furent remis par le Maréchal, en porte témoignage [8694].
Il arriva que le cheval du Maréchal se blessa en posant le pied sur un des morceaux de lances qui gisaient à terre. Le Maréchal prit aussitôt par le frein un des chevaliers du comte de Poitiers, Heimeri Odart, né de Loudun [87'I0], qu'il emmena de force jusqu'à la porte. D rencontra le roi d'Angleterre tout désarmé qui lui dit : « Maréchal, votre bonne chevalerie pourrait nous « nuire aujourd'hui, car aucune de nos autres portes n'est si a bien défendue que celle-ci ^. Nous pourrions y avoir dommage.
xn* siècle et du commencement da xiii* (Delisle, Cat. des actes de Ph.- Aiig.y n" 512, 632, 693 a, 1455), mais ît était, déjà avant la prise de la Normandie, homme de Philippe-Auguste, et par suite peut difficilement être identifié avec celui qui figure ici.
1 . Chauvigni, ch.-l. de cant. de Tarr. de MontmorilloD. Cet André est celui à qui Richard donna l'héritière du comté de Châteauroux ; voir plus loin, V. 9392. Il accompagna Richard à la croisade et s'y distingua ; voir YEstoiredela Terre sainte, à la table des noms. Il figure en de nombreux documents : en 1196, Teulet, Layettes du Trésor des chartes, n" 431 (DeUsle, Catal. des actes de Philippe- Auguste, n''464); en 1199, Teulet, n" 499, 504 (Delisle, n« 567), 508, 516; en 1200, Teulet, n- 578, 579 (Delisle, n* 615). Son sceau est décrit dans Douët d'Arcq, Inventaire des sceaux, n* 1818.
2. Il est manifeste que le roi d'Angleterre avait vu avec déplaisir la