‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 129 sur 404 · TRANSPORT DU CORPS A FONTEVRAULT. [H · texte numérisé non relu

TRANSPORT DU CORPS A FONTEVRAULT. [H

possédait tout, se trouva dans le dénuement. Les pauvres, qui étaient venus de maints villages des environs, furent déçus dans leur attente, car il est d^usage à la mort des rois de faire de larges aumônes [92U].

Le corps du roi, revêtu des ornements royaux, fut porté, par le Maréchal et les barons, de Ghinon à Fontevrault*. Dieu, qui peut tout, rend à chacun selon ses mérites. Vous le verrez tout à l'heure*. Quand le corps fut arrivé à Fontevrault, les dames du monastère vinrent au-devant en grande procession et le reçurent comme leur seigneur, qui leur avait fait maint honneur, et comme doit être reçu un si haut roi. Elles le veillèrent la nuit, et plusieurs d'entre elles pleuraient à chaudes larmes, priant Dieu d'avoir merci du roi Henri [9244].

Entre-tant, on manda au comte de Poitiers que le roi, son père, était mort. Je n'ai pas cherché à savoir s'il en fut affligé ou s'il s'en réjouit. Les barons, restés fidèles au roi Henri, s'assemblèrent et dirent : « Le comte va bientôt venir. Nous a sera-t-il favorable ou non, à nous qui avons soutenu son père « contre lui? H pourra nous en garder rancune. — Il fera « comme il lui plaira, » dirent les plus nombreux. « Certes, ce a n'est pas pour lui que Dieu, qui protège les bons, nous fera « défaut. Et, d'ailleurs, le monde ne lui appartient pas tout a entier. Nous saurons bien sortir de ses domaines. S'il nous « faut changer de seigneur. Dieu nous conduira. Mais nous a craignons pour le Maréchal, qui lui a tué son cheval sous lui.

à l'égard d'Etienne de Marçai aussitôt après la mort de Henri. Nous savons en effet que l'un de ses premiers soins fut de le faire emprisonner. « Ilaque, sepulto rege, praediclus cornes Pictavensis statira injecit « manus in Stephanum de Turonis, senescallum Andegaviœ, et mittens « eum in carcerem, gravibus compedibus et manicis ferreis catenatum, c exigebat castella {corr. catella?) et thesauros régis patris sui, quos ipse « in custodia habuit » (Ben. Peterb., II, 71 ; cf. Rog. de Howden, III, 3). M. Beautemps-Beaupré a cherché ailleurs la cause de l'animosité de Richard contre Etienne de Marçai; voy. Coût, et instit. de l'Anjou et du Maine, 2" partie, I, llb-l. Quoi qu'il en soit, il paraît qu'il rentra en grâce auprès du roi, car, trois ans après, on le retrouve avec lui en Terre-Sainte.

t. Le lendemain de sa mort (Ben. Peterb., II, 71).

2. Le poète veut dire probablement que le Maréchal fut récompensé de sa loyauté envers le roi.

Page 1