Le 4 juillet (Rigord, g 69; cf. Ben. Pelerb., II
2. Ce n'est pas exact. La flotte arriva à Marseille le 22 août (Ben. Peterb., II, 124) ; mais le roi n'y était plus. Il en était parti le 7 et s'était rendu, en côtoyant la côte de Provence et d'Italie, à Palerme, où il arriva le 8 septembre. C'est de là qu'il se rendit à Messine, où il débarqua le 23 sep-"* tembre (iôid., II, 115, 125).
3. Richard arriva à Messine le 14 septembre; le roi de France l'y rejoignit le 16.
4. Il méprisait les Anglais. Ce trait de son caractère a été noté par G. de Barri, Opéra, IV, 424.
5. Il éUit, en effet, légat depuis mars 1190. Ben. Peterb. (II, 108) dit à ce propos : « Aucloritate igitur legationis suée prœdictus Eliensis episcopus et domini régis cancellarius et lotius Angliœ justitiarius clerum et populum opprimebat, confundens fasque ncfasque ; nec erat in regno qui ausus est resistere ei nec in vcrbo nec in opère. »
6. < Auctoritate namque legationis suœ ad episcopos et abbatias et prioralus et ad alias religiosorum domus hospitaturus veniebat, in tanta superfluitate hominum et equorum et canum et avium quod domus in qua una noctc hospitabatur yix infra annos très subséquentes in pristinum statum redire posset » (Ben. Peterb., II, 214).
iî8 LE ROI PRISONNffiR EN ALLEMAGNE. [1192
de son côté au roi que son frère Jean, avec Taide des barons, cherchait à le dépouiller en trahison* [9788].
L'an suivant, les deux rois passèrent en Syrie, mais le roi de France arriva le premier devant Acre, tandis que le roi d'Angleterre faisait la conquête de Cypre'. Après la prise d'Acre, le roi de France tomba malade et fut obligé de revenir en sa terre. On pense toutefois que c'était un prétexte et qu'il s'éloigna de Richard afin de lui nuire. Le roi d'Angleterre, qui était capable de grandes choses, aurait bien conquis la Terre sainte, si on l'y eût laissé, et les Sarrazins eussent été domptés. Mais la reine Alienor et le chancelier lui mandèrent que son frère Jean s'était allié contre lui avec le roi de France et qu'il risquait de perdre sa terre s'il ne s'en revenait promptement. Il conclut une trêve ^ et se mit en route. Mais, pendant le voyage, il fut pris*. La nouvelle de sa captivité parvint en Angleterre. Ce fut, pour la reine Alienor, une grande douleur, mais non pas pour son frère Jean [9822].
J'avais oublié de vous dire que, du temps que le roi était en Syrie, le chancelier lui manda qu'il perdait sa terre, que le comte Jean la voulait avoir, et que tous les barons s'y accordaient^.
1. C'est en février 1191 que le roi Richard reçut le message des barons (Ben. Pelerb., 11, 157-158). Le fait que Guill. de Longchamp, informé de cette dénonciation, aurait de son côté écrit au roi, est fort vraisemblable, mais aucun autre témoignage ne l'atteste.
2. Le roi de France arriva devant Acre le 20 avril ; Richard n*y arriva que le 8 juin.
3. Le 2 septembre 1192 (Rog. de Howden, II, 184; R. de Coggeshall, édit. Stevenson, p. 52). Il partit d'Acre le 9 octobre.
4. Par le duc Léopold d'Autriche (20 décembre 1192), qui le livra le 23 mai suivant à l'empereur d'Allemagne.
5. Le message dont il est ici question est certainement distinct de celui que le roi aurait, selon le poème (ci-dessus, note 1), reçu, étant à Messine, de Guillaume de Longchamp. On va voir que, dans le cas présent, les nouvelles sont apportées par un abbé, qui n'est pas autrement désigné. Il y a probablement lieu d'identilier ce message avec celui dont fut chargé, selon VEstoire de la guerre sainte, le prieur de Hereford, un peu après Pâques 1192 {Estoire, vv. 8519 et suiv.; Ilinerarium Ricardi, V, xxii). C'est par ce prieur, qui n'est probablement pas différent de l'abbé mentionné ci-après dans le poème, que Richard apprit la déposition et la fuite du chancelier Guillaume. C^est à la suite de cette communication que Richard se décida à revenir en Angleterre.