‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 168 sur 404 · Comi est une petite commune du canton des Andelis · texte numérisé non relu

Comi est une petite commune du canton des Andelis

5. L'idée païenne que nul ne peut échapper à sa destinée est courante aa moyen âge : Mas so qu'es a venir no pot om pas muder [Chanson delà crois, albig., v. 2481), et dans le roman de Jaufré (v. 6761) : Qui pot s'aventura fugir? De môme dans Ciperis de Vignevaux, cité par Le Roux de Lincy, Livre des prov., II, 25'J :

Ce qui doit advenir, on ne puet nullement Destourner qu'il n'advienne, ce dit on bien souvent, m 10

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ftiient le cou tendu. Il arriva que le roi de France tomba dans i un gué. Un sien clerc, fils de Guillaume de Mello*, le releva, I aidé d'autres, qui vinrent finalement à son secours^ [-14038].

1. Guillaume de Mello était frère de Dreu de Mello, sur lequel Toy. plus haut, p. 88, note 1. Il est ainsi qualifié dans un acte de 1216 (Delisle, Catal. des actes de Ph.-Aug.f n» 1641). Il avait pris part à la croisade de 1190 (Rigord, gg 56, 72; Ambroise, Estoire de la guerre sainte, vv. 4541, 6185; Rog. de Howden, III, 123). Nous le retrouverons meptionné plus loin (v. 11269). Nous n'avons pas d'informations sur le clerc, fils de Guillaume de Mello, qui repêcha le roi Philippe, mais un GuH-" lelmus de Merloto juvenis^ probablement son frère, fut fait prisonnier dans ce combat (Rigord, g 122).

2. Nous avons sur le combat de Gisors des renseignements de sources diverses qui se contredisent sur des points importants. Selon les historiens français, Philippe-Auguste se serait trouvé, à l'improviste, en face d'une armée anglaise très supérieure en nombre et aurait dû se frayer, les armes à la main, un passage jusqu'à Gisors, en laissant toutefois un grand nombre des siens aux mains de l'ennemi (Rigord, g 122; Guill. Le Breton, Chron., g 93). Dans la Philippide, (V, 365), Guill. Le Breton affirme que le roi de France venait de licencier une partie de son armée. Ces historiens ne sont du reste pas d'accord entre eux sur l'évaluation des forces dont Philippe-Auguste disposait. Le récit du Ménestrel de Reims (éd. de Wailly, gg 109-114) est à peine historique, cependant il confirme, ce que l'on sait d'ailleurs, que les Français furent surpris dans leur marche et eurent à peine le temps de se mettre en défense. L'assertion du Ménestrel, que le roi de France se serait enfui vers Gisors, faisant revêtir ses armes à Alain de Rouci, qui fut fait prisonnier, n'est pas non plus dénuée de vraisemblance, d'autant plus qu'Alain de Rouci fut en efi'et pris par les Anglais (Rigord, g 122). Les historiens anglais (Rog. de Howden, Raoul de Coggeshall) sont plus précis. Ils ont fait usage d'une lettre circulaire, adressée par Richard en Angleterre, qui donnait des détails exacts et notamment la liste des prisonniers; voy. la noie suivante. Rog. de Howden conte, de même que le poème, mais en précisant le lieu, que Philippe faillit se noyer dans l'Epie (IV, 56) : « Cum ascendisset pontem villae de Gysorz, fractus est pons pro multi- « tudine intranlium, et ipse rex Francie cecidit in rivera de Ethe, et c bibit ex ea, et, nisi celerius extraheretur, submersus in ea fuisset. » Quant à la date, on a vu que le poète plaçait le combat de Gisors au 2 août, mais il est difficile de savoir si, dans sa pensée, ce jour appartient à Tannée 1197 ou à l'année 1198. Rigord et Rog. de Howden sont d'accord pour fixer cet événement à la fin de septembre 1198 (ci-dessus, p. 144, notes 4 et 5), et il est difficile de révoquer en doute leur témoignage; cependant on verra plus loin (p. 148, note) que celle date soulève quelques difficultés.

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