‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 185 sur 404 · JEAN ÉPOUSE [iîOO · texte numérisé non relu

JEAN ÉPOUSE [iîOO

s'il avait été sage, il en eût été riche pour longtemps [^4968]*.

Le Maréchal dit : « Je me réjouis du gain, dussé-je n'en pas a profiter. Que je participe ou non au vôtre, je veux que vous a ayez part au mien, et je vous offre cinq cents marcs qu'on m'a « donnés en ce pays. Dieu veuille que j'en sois récompensé! € — Vraiment, Maréchal, » reprit le roi, « vous n'êtes pas inté- « ressé. Vous serez bien récompensé de votre don. » C'est ainsi qu'il le remercia, mais, quant à la récompense, je n'en ai pas entendu parler 2 [4^982].

C'est alors que la fille du comte d'Angoulême fut enlevée par celui-ci au comte de la Marche^. La nouvelle en vint à la cour;

{Memorials of St Edmund's Abbey, II, 8, Collection da Maître des rôles). On voit, dans l'itinéraire dressé par Th. D. Hardy, que Jean voyagea en Poitou et en Aquitaine pendant les mois de juillet et d'août 1200. Le Maréchal l'accompagna, car il fut témoin à plusieurs des actes royaux passés pendant ces deux mois (Rot. chart., pp. 72-75). Le 3 septembre il était avec le roi à La Suze, près du Mans {Rot. chart., p. 75). Ensuite il se rendit probablement dans quelqu'une de ses terres, car il ne paraît plus dans les actes jusqu'en mars 1201, époque où il était en Angleterre {Rot. chart., p. 91 b, 92, etc.).

1. La scène qui suit est assez mal amenée. C'est ce qui m'a conduit à supposer ici (v. 11968) une lacune.

2. C'est cependant à cette époque que le roi donna au Maréchal la collation à l'abbaye de Netley par acte daté de la Réole, 16 août 1200 {Rot. chart. i I, 74 b; cf. D. Hardy, Syllabus of Rymer's FœderUf 3 août 1200).

3. Le comte d'Angoulême Adémar avait donné sa fille Isabelle à Hugues le Brun, comte de la Marche. Les deux futurs époux s'étaient acceptés, per verba de presenti, et Hugues attendait seulement pour faire célébrer son mariage que la jeune fille fût nubile, lorsqu'Adémar, à l'instigation du roi de France, selon les historiens anglais (Rog. de Howden, IV, 119), et au mépris de ses engagements, enleva par ruse sa tille à Hugues pour la donner à Jean. Cet acte de mauvaise foi irrita contre Jean plusieurs des seigneurs du pays qui passèrent au roi de France (Rigord, g 138). C'est ce à quoi fait allusion le poète un peu plus loin. Jean, cependant, avait envoyé une ambassade à Lisbonne pour demander la fille du roi de Portugal. Sans se préoccuper de l'embarras dans lequel allaient se trouver ses messagers et avant leur retour, il épousa la fille du comte d'Angoulême. Ce mariage eut lieu le 24 août 1200 {Ann. S. Edmundi, dans les Memorials of St Edmund's Abbey, II, 8). L'acte par lequel le roi Jean constitue un douaire à sa nouvelle épouse est du 30 août {RoL chart., I, 74).

1200-1202] ISABELLE D'ANGOULÉME. 163

elle plut aux uns et déplut aux autres. Le comte de la Marche se retira très irrité avec les siens. On savait bien qu'il y avait à cette assemblée des personnes qui avaient aidé à ce larcin. Je ne puis rendre un compte détaillé de toutes les affaires, mais ce fut là l'origine de la guerre dans laquelle le roi perdit la terre. Le roi prit la demoiselle, l'épousa et la fit proclamer reine d'Angleterre. Elle fut couronnée à Londres^ [42004].

Le roi Jean revint ensuite en Normandie avec ses barons et la reine^. Mais il ne se passa pas longtemps sans qu'il fût attaqué par le roi Philippe. La guerre dura longtemps. Enfln ils eurent une entrevue, où la paix fut conclue. Afin d'en assurer le maintien, il fut convenu que Jean donnerait sa nièce, la fille du roi d'Espagne, à Louis ^ [12018]. Ainsi fut fait, mais les prétentions du roi de France n'en restèrent pas moins ce qu'elles étaient. Toujours il fit ce qu'il avait en tête. Il serait trop long de vous conter les conventions qui eurent lieu entre lui et le roi Jean. Plus celui-ci faisait de concessions et plus l'autre se montrait intraitable. Je ne puis vous faire le compte des sommes que par plusieurs fois il lui donna ; le roi de France le récompensait en cherchant prétexte pour lui faire la guerre. Il

t. Le 8 octobre 1200 (Rog. de Howden, IV, 139).

2. A la fin de mai 1201 (Rog. de Howden, IV, 164). Quelques jours auparavant il avait envoyé Guillaume le Maréchal et Roger de Laci en Normandie avec des soudoyers (ibid., IV, 163). Le 9 juin 1201, le Maréchal se trouvait à l'île d'Andeli avec le roi Jean (Rot. de libérale, p. 15).

3. Les faits ne sont pas présentés d'une façon bien exacte. Aussitôt arrivé en Normandie, Jean eut une entrevue, à Andeli, avec le roi de France, à qui, peu de jours après, il rendit visite à Paris. Cette visite aurait en lieu le 31 mai 1201, selon Uigord (§ 135). Mais cette date doit être inexacte, car d'après l'itinéraire dressé par Th. D. Hardy, Jean passa en Normandie tout le mois de juin et n'aurait été à Paris que le 1" juillet et les jours suivants (le 19 il est à Alençon). Le Maréchal était avec lui à Paris le l*' juillet (Rot. de libérale^ p. 18). Mais la paix dont il est ici question ne peut être que celle de mai 1200, mentionnée plus haul, p. 161, note 5, où en effet est stipulé le mariage de Blanche de Caslille, nièce de Jean, avec Louis, (ils aîné de Philipi)e-Augu8le. Il est singulier que, chez Rog. de Howden, ce trailé de paix, bien que daté fort exactement de mai 1200, soit inséré à l'année 1201 (IV, 148), ce qui est précisément l'erreur que commet ici le poète. Le mariage de Blanche de Caslille avec Loais, fils da roi de France, avait déjà été projeté du vivant de Richard; voy. Rog. de Howden, IV, 81.

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