Duc de Normandie, à Rouen, le 25 avril
il99J EXPÉDITION EN GASCOGNE. 161
cons, des Limousins, des Poitevins, des Angevins, des Bretons*. Le duc Jean vit bien qu'il n'était rien pour eux. 11 se rendit en cette région et leur flt de grandes concessions pour se les attacher. Mais il eut à s'en repentir, car ils ne lui en surent aucun gré et lui flrent mainte fois de l'opposition ['HO/iO].
Jean passa la mer^ et se fit couronner à Londres^. A cette occasion il fut fait de riches présents. On le dit; je n^y étais pas. Puis, aussitôt qu'il le put, il revint arrière-* et fil hommage au roi de France, comme c'était son devoir^. Mais celui-ci ne lui fut pas fidèle seigneur et lui fit du mal toute sa vie. 11 se rendit ensuite en Poitou. L'archevêque de Bordeaux vint au-devant de lui avec ses barons. Là il se sépara de sa femme ^ [1 1 959]. Mais on dit que ce divorce eut pour lui de funestes conséquences. Ce n'est pas le lieu de dire comment. 11 mena grand ost en Gascogne et y remporta des succès^. 11 y fit grand butin, et.
1. Les barons d'Anjou, de Maine, de Touraine, réunis à Angers le jour de Pâques 1199, avaient reconnu Arthur (Rog. de Howden, IV, 86).
2. Il débarqua à Shorehain le 25 mai (Rog. de Howden, IV, 89).
3. Le jour de l'Ascension, 27 mai; le Maréchal assista au couronnement (Rog. de Howden, IV, 90).
4. Jean revint en Normandie vers le 20 juin (Rog. de Howden, IV, 32); le Maréchal l'accompagna sûrement, car il était avec lui à Shoreham, où sans doute eut lieu l'embarquement, le 20 juin (Rot. Chart., p. 79 b), et le 29 il était à Orival {ibid., 51 b).
5. Mais c'est ce qu'il ne fit pas. Dès son arrivée en Normandie, Jean conclut ou prorogea une trêve avec le roi de France du 24 juin au 16 août. Du 16 au 18 juin il y eut des négociations et finalement une entrevue des deux rois, où Philippe se plaignit précisément de ce que Jean ne lui avait pas fait hommage et manifesta des exigences auxquelles Jean se refusa (Rog. de Howden, IV, 93-5). C'est seulement en mai 1200 qu'un traité fut conclu entre les deux rois (Delisle, Catal. des actes de Ph.-Aug., n" 604-13; Duffus Hardy, Rot. lilt. pat., p. xlv).
6. Le poète ne dit pas que le divorce fut prononcé par l'archevêque de Bordeaux, mais il le laisse entendre. C'est du reste ce que dit positivement Rog. de Howden (IV, 119). Voir, pour les circonstances et la date de ce divorce, qui sont indiquées diversement par les historiens. Miss K. Norgate, Angevin Kings, 11, 398.
7. Nous sommes très peu renseignés sur cette expédition A laquelle Rog. de Howden consacre deux lignes : c ... profectus est in Aquitaniam cum exercitu magno, sed non est invenlus qui el resisteret » (IV, 119). Il y a aussi une brève mention -à rc sujet dans les Annales S. Edmundi