IL CHERCHE A NÉGOCIER AVEC LE ROI DE FRANCE
Le roi n'étail pas encore arrivé au Mans qu^on lui annonça la trahison du comte et l'entrée des Français dans Alençon. 11 se répandit en lamentations et on eut beaucoup de peine à le calmer. On ne savait quel conseil lui donner, car il ne se fiait en personne. En effet, la route de Chinon et toute la contrée environnante étaient occupées par ses ennemis, qui eussent été bien aises de mettre la main sur lui. N'osant aller en avant, il se disposait à retourner sur ses pas, lorsque sire Pierre de Préaux * , par un coup d'audace, amena la reine au Mans [1 2648]. Le roi lui en sut bon gré. Puis il quitta le Mans, satisfait, car il avait ce qu'il désirait. Il ne s'en revint pas par Alençon. Il n'aurait pu y passer sans lutte. 11 chercha ailleurs un passage. C'est par Mamers et par le Bellêmois^ qu'il revint à sa terre, à ses châteaux, à ses cités, dont il avait encore assez pour être riche s'il avait pu les tenir en paix, mais celui ^ qui voulait tout tirer à lui Ten empêcha. Le manque d'amis et d'argent a nui à bien du monde [12672].
Le roi de France vint à Couches et Tassiégea^. Le roi Jean lui envoya le Maréchal avec mission de négocier la paix à tout prix. Mais le roi Philippe, qui voulait tout avoir, souleva tant de difficultés que le Maréchal vit bien qu'il n'y fallait pas songer. Il lui dit alors : « Beau sire, je voudrais bien savoir, s'il a vous plaisait de me le dire, pourquoi les traîtres, qui, autrea fois, en France, étaient traités ignominieusement, brûlés, mis « en pièces, traînés^, y sont maintenant si enracinés qu'ils sont
époque pour laquelle les mouvements du roi de France ne sont pas connus.