LE MARÉCHAL FAIT HOMMAGE AU ROI DE FRANCE
sauvée Le roi de France prit possession de Rouen. Les choses en restèrent là jusqu'au carême. A ce moment le roi Jean envoya des messagers si secrètement que l'archevêque' ne sut rien du genre de paix qu'il projetait. Le Maréchal fut chargé du message avec Hugues de Wells [42945], qui alors portail le sceau du roi 3. H dit au roi : « Sire, je n'ai point « sûreté de paix, et le terme qui m'a été accordé pour ma terre « de Normandie va échoir. Si je ne fais hommage au roi [de « France], j'en soutTrirai grand dommage. Comment faire? » — Le roi répondit : « Je vous sais si loyal que vous ne pourriez, « à aucun prix, éloigner votre cœur de moi. Je veux bien que « vous lui fassiez hommage. Je ne veux pas faire que vous « n'ayez pas de quoi me servir, car je sais bien que plus vous « aurez de terre et mieux vous me servirez » [42966].
Les messagers trouvèrent le roi de France à Gompiègne* et s'acquittèrent de leur mission. Cette fois, le roi accepta leurs propositions et leur donna rendez-vous de ce jour en huit, à Anet, car il avait rassemblé son ost pour aller assiéger Caen. « Maréchal, » dit-il, « vous vous rappelez la convention faite « entre nous. Le terme approche. Vous pourriez avoir dommage a si avant vous ne me faites hommage. » Le Maréchal lui fit hommage sur-le-champ^. Puis ils se rendirent à Anet au jour
1. C'est l'ancien proverbe : c Tandis que le chien cliie le loap se sauve » {Proverbes communs. Lyon, 1539).