MÉCONTENTEMENT DU ROI JEAN
fixé^ Mais l'accord ne fut pas conclu, par suite d'une opposition peu justifiée [12994],
L'archevêque de Gantorbéry fut informé du message. Il fut irrité de ce que le roi avait agi sans son conseil, el il ne lui fallut pas longtemps pour détruire ce qui avait été fait. Il manda au comte de Boulogne^, par Raoul d'Ardene^, que les messagers n'avaient nulle qualité pour faire la paix. Le comte Renaut transmit la nouvelle au roi de France, qui, au lieu du rendezvous, dit au Maréchal : « Maréchal, je m'étonne que vous a m'ayez fait des ouvertures, quand vous n'aviez aucun pouce voir pour traiter de la paix. » Ainsi furent rompues les négociations. Les messagers revinrent en Angleterre tout déconfits. Le roi, cependant, alla mettre le siège devant Gaen '*. Raoul dWrdene, de son côté, prit les devants et arriva avant eux auprès du roi d^ Angleterre. 11 lui dit que ses messagers avaient mal agi à son égard et que le Maréchal avait fait hommage et juré fidélité au roi de France contre lui [13038].
Voyez quelle indignité! Celui qui avait, par sa trahison, empêché la paix, s'arrangea de telle sorte que le roi le crut, tandis que ceux qui auraient fait la paix, sll ne les en avait empêchés, n^obtinrent aucune créance. Quand les messagers revinrent, le roi leur fit mauvaise mine à tort, car, s'ils avaient échoué dans leur mission, ce n'était point leur faute. Le roi dit au Maréchal : « Je sais que vous avez fait hom- « mage lige au roi de France contre moi et à mon désavan- « lage. — Sire, » répondit le Maréchal, « qui vous a dit telles « paroles en a menti. Je n^ai rien fait contre vous^ et ce que j'ai « fait, je l'ai fait par voire congé : vous-même m'avez dit de a faire hommage au roi de France plutôt que de perdre ma
avril, que le Maréchal fit hommage au roi de France. On a vu à la note précédente que ce dernier était à Cornpiègne en avril.
1. La présence de Philippe-Auguste à Anet est constatée à une époque comprise entre le 10 avril et le 31 octobre (Delisle, Catal., p. cvij).