DÉPART DU MARÉCHAL POUR L'IRLANDE
Entrelanl le roi éprouva une perte dont il ne sentit pas tout d'abord la gravité. L'archevêque [de Gantorbéry] mourut et aussi le bon comte de Leicester *. Vers le même temps, le Maréchal maria sa fllie avec Hugues, fils du comte Roger Bigot*. Ce fut un mariage dont les deux familles eurent lieu de se réjouir [13348].
Vers le carême, après avoir marié sa fille, le Maréchal se dirigea vers l'Irlande^. Quand le roi vit qu'il parlait, il se repentit de lui avoir permis d'aller en Irlande. Il se mit à chercher comment il pourrait l'en empêcher. Il donna ordre à Thomas de Samford^ d'aller le trouver et de lui demander son second fils à titre d'otage. Thomas rejoignit le Maréchal à StriguiP [13371] et lui exposa son message. Le Maréchal prit conseil avec la comtesse et avec ses barons, qui l'engagèrent à
abbaye, appelée aussi Monasterium de Voto, fut fondée en exécution d'un vœu que le Maréchal avait fait pendant une tempête, dans le passage d'Angleterre en Irlande {Annales d'Irlande, à l'année 1200, dans les Chartularies of Si Mary's Abbey, Dublin, II, 308).
1. Ces événenments sont placés un peu trop tard, car Hubert Gautier, archevêque de Cantorbéry, mourut le 29 juin 1205, et Robert de Leicester plus tôt encore, le 20 octobre 1204; voy. ci-dessus, p. 176, note 1.
2. Mathilde, ou Maheut, fille aînée du Maréchal, épousa en premières noces Hugues Bigot, comte de Norfolk (f 1225), et, en secondes, Jean de Varenne, comte de Surrey.
3. Il alla d'abord, comme on va le voir, à Striguil. L'époque de son départ de la cour du roi pourrait être fixée exactement en notant le moment où il cesse de paraître comme témoin dans les chartes royales. Malheureusement, le rôle des chartes de la huitième année de Jean (de l'Ascension 1206 à l'Ascension 1207) est perdu. Le 19 février 1207, le roi accorda des lettres de protection au Maréchal « quamdiu fuerit in Hibernia per licentiam nostram » (Rot. litt. pat., I, 69 a). Henri Huesé (ci-dessous, p. 186) et Jean d'Erlée, qui accompagnaient le Maréchal, reçurent des lettres patentes dans la même forme.
4. Thomas de Samford (il y a en Angleterre plusieurs lieux du nom de Samford ou Sampford) figure, comme témoin ou comme chargé de diverses missions, en un très grand nombre d'actes du roi Jean; voy. notamment les tables des Botuli chartarum et des Roiuli litterarum patentium. Il paraît à diverses reprises dans la suite du poème. Il était, très probablement, frère de Hugues de Samford mentionné plus haut; voy. p. 120, note 2.