LE MARÉCHAL SE PRÉSENTE AU ROL
de même*. Le roi fit bonne mine à celui-ci, et mauvaise au MaréchaP. C'est en ce temps que Guillaume de Briouze*, jusque-là très bien vu du roi, eut une brouille avec lui. Un jour, après dîner, le roi se trouvait en sa chambre avec Girard d'Athée*, Meilier et ses principaux conseillers. On en vint à
1. Meilier était à la cour du roi, en Angleterre, du 8 au U novembre 1207, car il est témoin à divers actes royaux passés le 8, le 12 et le 14 de ce mois {Rot. m. pat., I, 77 a; Rot. chart., I, 171 b, 172 a, 173 a, 174 a), mais il ne figure en celte qualité dans aucun acte postérieur. Antérieurement, pour le trouver comme témoin, il faut remonter à l'an 1200.
2. Le Maréchal n'arriva probablement à la cour du roi qu'après Meilier, car c'est au 25 janvier 1208, à Guildford, qu'il parait pour la première fois comme témoin d'un acte royal {Rot. chart., I, 175 a). Il est témoin ensuite à des actes du 12 février et du 7 au 19 mars de la même année {ibid., 175 b, 176 a, 178 a). Puis on ne le voit plus reparaître de l'année. Quant aux années suivantes, on sait que les rôles des années 11, 12, 13 de Jean sont perdus. Entre le 25 janvier et le 12 mars se place un acte important pour l'histoire du Maréchal. C'est une lettre close du roi à Meilier (7 mars) pour annoncer à celui-ci que, le 5 mars, Guillaume le Maréchal s'est présenté à lui spontanément, à Bristol, disposé à se soumettre à sa volonté. En conséquence, le roi invite Meilier à maintenir la paix et à s'opposer à toutes incursions qui pourraient être faites sur les terres du comte Maréchal {Rot. litt. clans., I, 105; Calendar of doc. rel. to Ireland, n» 375).
3. Briouze-Saint-Gervais , Orne, arr. d'Argentan. Il était beau-frère d'Adam du Port, dont une fille avait épousé Jean le Maréchal, frère de Guillaume le Maréchal (ci-dessus, p. 132, note 6). Il avait marié sa fille Marguerite à Gautier de Laci, qui avait des terres considérables en Irlande (Stapleton, Magni rot. scacc. Norm., II, Ixx; et ci -après, v. 14180-3). La persécution que lui fit endurer Jean sera plus loin l'objet d'une note (v. 14156). Actuellement, il ne s'agit que de déterminer le moment où la rupture éclata. Ce dut être à la fin de décembre 1207 ou au début de l'année 1208, car il figure pour la dernière fois comme témoin à un acte royal dans une charte donnée à Windsor le 26 décembre 1207 {Rot. chart., I, 175 a).
4. Girard d'Athée {d'AtieSy dans notre poème, de Athées ou de Aihiis dans les documents latins) était, en 1201, lieutenant de Robert de Turnham, sénéchal d'Anjou {Cart. de l'abbaye de VUleloin, Bibl. nat., lat. 17129, p. 22; cf. Bibl. de l'Éc. des chartes, XXXII, 120-1). Il fut nommé sénéchal de Tours le 24 août 1202 {Rot. litt. pat., I, 17 a). Le 30 mars 1203 il reçut la garde du château de la Guierche {ibid., 27 a). Il défendit Loches, en 1205, contre le roi de France, y fut pris et dut payer une rançon considérable (G. Le Breton, Chron.., '^, 134; Fhil., VIII,