IL EST TRAHI PAR MEILIER, JUGE D'IRLANDE
parler du Maréchal et de Guillaume de Briouze, qui étaient liés d'amitié [-13598]. Meilier se mit en avant et dit que, si le roi lui permettait de retourner en Irlande, il se faisait fort de les lui rendre prisonniers l'un et l'autre à Londres. 11 lui demandait seulement d'appeler en Angleterre tous ceux qui tenaient terre de lui. Le roi donna aussitôt ordre à son chancelier d'expédier à tous ses hommes d'Irlande, et nommément à Jean d'Erlée, à Etienne d'Évreux et à Jean de Sauqueville, des lettres portant commandement de venir à lui dans les quinze jours suivant la réception des dites lettres, sous peine de perdre leurs terres d'Angleterre ^ [13654].
Les lettres furent scellées et remises à Thomas Blouet^. Puis itfeilier prit congé du roi pour s'en aller en Irlande. Le Maréchal l'apprit. Il vint au roi et lui demanda la permission de partir. Le roi refusa. Meilier eut bon vent; il passa heureusement, et il se trouva que, de la Saint-Michel à la Chandeleur, aucune nef,
418-34; R. de Coggeshali, éd. Stevenson, p. 146 et 152). Au mois de mai 1206, le roi Jean agissait, par l'intermédiaire du Temple, en vue de sa délivrance {Rot. litt. pat., I, 65 a). Il reçut la garde du château de Gloucester le 5 janvier 1208 {ibid., 78 b), la garde de l'évéché de Balh le 18 mars suivant {ibid., 80 a). I^ même année, le 23 mai, il fut nommé shérif de Hereford {ibid., 83 b). Le 21 septembre, il fut autorisé par le roi à conclure avec les hommes de Guillaume de Briouze une convention par laquelle ceux-ci, abandonnant le service de leur seigneur, devinrent hommes du roi {ibid., 86 b). Serviteur dévoué de Jean, il paraît s'être attiré l'inimitié des barons anglais. Dans les Capitula présentés par eux au roi le 15 juin 1215 et acceptés par celui-ci se lit un article ainsi conçu : « Ut rex amoveat penitus de balliva parentes et f totam sequelam Gerardi de Atyes, quod de cetero bailliam non habeant » (art. 40 ; Stubbs, Select charters, p. 294 ; Bémont, Charles des libertés anglaises, p. 20). — Ce Girard tirait son surnom d'Athée, cant. de Bléré, arr. de Tours, et était de basse extraction au témoignage de Guillaume Le Breton :
Servus et a servis oriundus utroque parente, Cul satis obscurus ortum dédit Athia pagus.
{Phil., VIII, 419-20.)