‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 221 sur 404 · SON RETOUR EN IRLANDE · texte numérisé non relu

SON RETOUR EN IRLANDE

« j'en suis parti. » Dès lors, le roi lui fit bonne mine, et tous les hommes de la cour le traitèrent avec amitié et honneur [-13930].

Quand le Maréchal eut longuement suivi le roi et ses gens, il lui demanda congé de retourner en Irlande ^ L'ayant obtenu, il partit. C'est en ce carême que l'Angleterre fut mise en interdit^, ce qui mit le pays en grand trouble. Le Maréchal aborda à Glasscarrick 3 un lieu couvert de forêts. Ses gens vinrent au-devant de lui. Jean d'Erlée se présenta vêtu d'un haubergeon. Le Maréchal s'en étonna. « Ne sommes-nous pas en « paix? » demanda-t-il. — « Sire, tous ne l'observent pas, » répondit-il finement. C'est ainsi que paria Renard^ [^3960].

Ils cheminèrent, parlant ensemble. Jourdain de Sauqueville et Jean d'Erlée lui contèrent la trahison. Sur ces entrefaites, ils virent venir deux barons, Philippe de Prendergast et David de la Roche'*. Ils saluèrent le comte comme hommes flatteurs qu'ils étaient, et il leur rendit leur salut ironiquement, disant : « Dieu « vous sauve, si c'est droit. — Sire, c'est droit, car nous a sommes deux de vos loyaux hommes. — Ce n'est pas ce « que vous avez montré, » dit le Maréchal, « on le sait au bourg « et à la campagne. — Non certes, » reprirent ensemble Jourdain de Sauqueville et Jean d'Erlée [13985]. « Ils ont assez fait « paraître leur fausseté. » Ils demandèrent alors merci en pleurant, et le comte leur pardonna. Le lendemain, nombre de gens

1. Il était encore en Angleterre le 6 mars 1208, époque où il fut témoin à un acte royal passé à Bristol {Rot. litt. pat., I, 79 6).

2. 23 mars 1208 (Roger de Wendover, II, 46; Mathieu de Paris, Chron. maj., II, 522).

3. Ms. Glaskant, faute de copiste pour Glaskaric ou une forme analogue. Glasscarrick, selon l'orthographe actuelle, est un village de la côte du comté de Weiford.

4. Allusion à la fable du Pigeon et du Renard, qui est courante au moyen âge et qui est à peu près celle du Coq et du Renard de La Fontaine (II, xv). J'ai comparé diverses rédactions de cette fable dans mon commentaire sur les Contes de Bozon, p. 255, g 61.

5. David de la Roche (en latin de Rupe) est un baron qui figure en d'assez nombreux actes relatifs à l'Irlande, de 1207 à 1235; voir la table du Cal. ofdoc. rel. io Ireland, sous Rupe et sous Roche. Dans plusieurs, il est placé comme témoin à cùté de Philippe de Prendergast {ibid., n«» 339, 340, 356).

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