‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 223 sur 404 · GUILLAUME DE BRIOUZE PERSÉCLTÉ PAR LE ROL · texte numérisé non relu

GUILLAUME DE BRIOUZE PERSÉCLTÉ PAR LE ROL

son château de Donmas, à titre d'héritage, et, après son décès % toute la terre qu'il possédait. Certes, il pouvait bien le faire, car il n'avait nul héritier dont il fût certain, n'ayant jamais eu d'épouse 2 [U436].

Après cela, Fortune, qui se montre souvent cruelle envers ceux qu'elle a favorisés, fit tourner un tour à sa roue et fit sentir sa rigueur à Guillaume de Briouze [^14^43]. Le roi, qui si longtemps avait été bienveillant pour lui, changea de conduite à son égard. Tout accord devint impossible et ce prud'homme fut exilé. Ce fut grande douleur et grand péché. Je ne sais quelle fut la cause de ce revirement, et, si je le savais, il ne m'appartiendrait point de le dire^. Il le prit en telle haine que

1. « Castrum de Damas, Dunmas, Dumath » (voir les tables des divers recueils de rôles, où, du reste, ce nom n'est pas identifié), en irlandais Dumach ou Caislen na Dumach, en anglais Dougli Castle, comté de Clare, sur la rivière d'Oina, à quelques kilomètres à l'ouest d'Ennystimon {Annals of the Kingdom of Ireland, by the Four Malien, éd. by J. O'Donovan, II, 853, note n). — On verra plus loin (VF. 14330 et suiv.) que, en 1210, le Maréchal fut contraint de remettre ce château, à titre de gage, au roi Jean. Le Maréchal ne rentra en possession de son château que cinq ou six ans plus tard. Il y a dans les Rôles des lettres patentes plusieurs actes de 1215 et 1216(1, 153 &, 154 a, 161 &, 180a, 184a; cf. Cal., etc., n" 644, 647, 664, 684-5) portant injonction de faire remettre ce château au Maréchal.

2. Ceci n'est point exact : nous savons par Giraud de Barri {Expugnaiio Hibernica, II, xxiii, dans Opéra, V, 356) qu'il avait épousé une nièce de Hugues de Laci vers 1182. Toutefois, à l'époque où Giraud écrivait la lettre au roi Jean qui sert d'introduction à la seconde édition de VExpugnatio Hibernica, en 1209 ou 1210, Meilier n'avait pas d'enfants légitimes (iôid., 409). Il avait un (ils qui paraît en divers documents, depuis 1207 {Cal., etc., n" 310, 314), et qui s'appelait aussi Meilier, mais c'était sans doute un fils naturel.

3. Nous sommes mieux renseignés que le poète et nous n'avons pas les mêmes raisons que lui pour dissimuler nos informations qui, tirées de sources différentes, se complètent et se contrôlent. Le roi a pris soin de nous transmettre, au sujet de sa querelle avec Guillaume de Briouze, une relation, qui a été analysée par M. Sweetman dans le Cal. of doc. tel. io Ireland, n° 408, et, plus brièvement, par M. Blain, dans le Cal. of doc. rel. to Scotland (Edimbourg, 1881), n» 680. Selon cet exposé, G. de Briouze devait au roi de fortes sommes sur ses terres d'Irlande. Le roi fit saisir ses biens du pays de Galles par Gérard d'Athée, bailli pour le roi en Galles. Mathilde, sa femme, et plusieurs de ses parents intercédèrent auprès du roi, et Guillaume lui-môme, s'étant présenté au

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