‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 229 sur 404 · GUERRE AVEC LE ROI DE FRANCE · texte numérisé non relu

GUERRE AVEC LE ROI DE FRANCE

le roi Jean manda ses barons et leur demanda conseil. Il n'y en eut aucun qui sût donner un bon avis. L'un d'entre eux dit alors que Thomme le plus honnête et le plus capable de donner conseil en cette circonstance n'était pas présent : c'était Guillaume le Maréchal, et il serait à propos de l'envoyer quérir. Le roi y consentit, et tout d'abord il jugea convenable de délivrer les deux fils du comte qu'il avait depuis longtemps en otages S ce qui fut approuvé de tous [14532].

Le roi fît alors venir Jean d'Erlée à Londres et lui confia la garde des deux fils du Maréchal qu'il avait eus jusque-là en otages^; de plus il le nomma maréchal de son hôtel. Jean d'Erlée le remercia et lui fit toutefois remarquer que ces deux baillies donneraient assez à faire à deux prud'hommes. Sur quoi le roi se ravisant bailla l'un des enfants à Thomas de Samford [14574].

Ensuite le roi envoya Jean d'Erlée en Irlande avec mission de faire savoir au Maréchal quMl eût à venir à lui sans aucun délai. Le Maréchal, voyant qu'il s'agissait d'une affaire importante, s'empressa de venir, comme prud'homme doit faire, et sans rancune, car toujours il aima loyauté. Le roi, heureux de

pape et la défectioa du comte de Flandres, l'amenèrent à renoncer à son entreprise ; voir la chronique de G. Le Breton, g 169, et la note de M. Delaborde, p. 250.

1. On va voir que les fils du Maréchal furent, non pas seulement délivrés, c'est-à-dire rendus à leur père, mais confiés en garde à l'un des chevaliers du Maréchal, Jean d'Erlée.

2. Il avait l'aîné depuis 120G (ci-dessus, p. 182) et le second depuis 1207 (p. 185). — Il y a, dans les rôles des lettres closes, une lettre sans date de Jean au Maréchal, que M. Sweetman {Cal., n» 444) suppose avoir été écrite en octobre 1212, dans laquelle le roi invite le Maréchal à rester en Irlande et lui propose de confier la garde de son fils (Guillaume) soit à Jean d'Erlée, soit à tout autre que le Maréchal préférera. Le roi ajoute (répondant sans doute à une lettre du Maréchal) qu'il n'a pas, comme le suppose le Maréchal, l'intention d'envoyer ledit fils en Poitou (Rot. lut. claus., I, 1326). — 11 est à noter que, par lettres patentes du 20 août 1212, le roi avait mandé à Robert Fils Roger, jusque-là garde de Guillaume, fils du Maréchal, de remettre ce jeune homme entre les mains de Guillaume, comte de Varenne, de l'archidiacre de Durham et de Philippe d'Alcot (/îot. lut pat., I, 94 6).

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