‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 237 sur 404 · MARIAGE DU FILS AÎNÉ · texte numérisé non relu

MARIAGE DU FILS AÎNÉ

acquitta bien, car il la donna au seigneur de Montchensi, Garia^ [^4956].

On voit par ce que je viens de dire que de bon arbre vient bon fruit. Les enfants portent témoignage de la bonté de leurs parents.

Le père s'occupa de marier son fils aîné. Il savait que Baudouin, le comte d'Aumale, avait une fille unique. Les deux pères en parlèrent ensemble et le mariage fut décidé. Le comte Baudouin donnait à sa fille, sous réserve de l'autorisation royale, toute sa terre soit en Angleterre soit ailleurs [U980]. Ce mariage fut approuvé de tous. Quand les deux comtes eurent terminé leurs arrangements, ils se rendirent auprès du roi le priant de les ratifier et de leur en faire faire une charte. Le roi y consentit, et tout ce qui avait été convenu fut mis en la charte [^ 5000] 2.

Ainsi fut conclu le mariage. Mais les deux époux ne vécurent pas longtemps ensemble. La mort gloutonne qui tout dévore

1. Dugdale, qui fait mention de ce mariage d'après le chroniqueur Jean deTinemouth, dit que Jeanne était la seconde fille du Maréchal (Barona^c, I, 561 b) et il la nomme aussi en second dans son énumération des filles du Maréchal (I, 6026; cf. Monasticon Ànglicanum, p. 726 b), mais il se trompe. L'époque où eut lieu le mariage, ce qui pourrait servir à dater cette partie du poème, ne nous est pas connue.

2. Celte charte nous est parvenue. Elle est imprimée dans les Rot. chart., I, 1126, 113 a. Baudouin donne à sa fille Alice tous ses biens situés en Angleterre, mais il n'est pas question des biens qu'il possédait en Normandie et en Flandres. On y remarque cette clause singulière : « Si conligerit Aeliciam predictam decedere, predictus Willelmus, filius c predicli Willelmi comitis, alteram filiam predicti Balduini comitis, si c Deus eam ei dederit, habebit in uxorem cum predicto maritagio. Si < vero de predicto Willelmo, filio predicti Willelmi comitis, huraaniter « contigerit, Ricardus junior filius suus habebit predictam filiam cura « predicto maritagio. » Cette clause, qui resta sans effet puisque les deux fiancés vécurent assez pour être unis, montre assez que l'arrangement constaté par la charte est bien antérieur au mariage. En effet, l'acte est de novembre 1203. A cette date, le fils aîné du Maréchal pouvait avoir une douzaine d'années, et la fille unique de Baudouin, marié vers 1195 (Stapleton, Magni roi. scacc. Norm., I, clvij), pouvait en avoir six ou sept. Le mariage paraît avoir été célébré en 1214 {Dict. ofnat. biogr., XXXVI, 233).

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