RÉVOLTE DES BARONS CONTRE LE ROL
courut SUS à la dame et la prit. Elle mourut sans que rien pût lui venir en aide^ [15012].
Il me faut passer rapidement sur la guerre qui éclata entre le roi et ses barons, car il y eut trop de circonstances qui ne sont pas belles à conter. Il pourrait m^en arriver mal. Les barons, s'étant ligués, vinrent au roi et lui réclamèrent leurs franchises 2. Il refusa; alors ils lui firent savoir que, s'ils n'obtenaient pas leurs franchises, ils se détacheraient de son service et lui feraient tout le mal possible. Ils tinrent leur parole et se rendirent à Londres pour agir contre lui^. Mais sachez bien que le Maréchal ne prit aucune part à ce mouvement. Il s'affligea des excès auxquels on s'était laissé entraîner de part et d'autre et ne fut pour rien dans l'arrangement conclu entre les barons et les citoyens de Londres*. Les barons, s'étant réunis à Londres, envoyèrent des messagers pour demander Louis, fils du roi de France, qu'ils avaient l'intention de faire roi d'Angleterre. C'était une foUe. Avant que Louis fût venu, le roi assiégea Rochester^ [15072]. Il y dépensa beaucoup d'argent avant de s'en emparer. Dalla à Douvres par mer 6. Pourquoi par mer plutôt que parterre,
1. Probablement en 1215 (art. précité du Dict. of nat. biogr., XXXVI, 233). Guillaume, fils aîné du Maréchal et après lui comte de Pembroke, épousa en secondes noces (avril 1224) Éléonore, fille du roi Jean (Dugdale,
I, 003 a; Dict. of. nat. biogr., XXX VI, 234 6).
2. Le poète fait allusion aux propositions des barons assemblés en armes à Brackley (Northarapton) le lundi après l'octave de Pâques (20 avril 1215); voir Rog. de Wendover, II, 115, Matb. de Paris, II, 585-6.
3. Londres ouvrit ses portes aux barons révoltés le 24 mai 1215 (Rog. de Wendover, II, 116; Math, de Paris, Ghron. maj., II, 587).
4. En effet, le Maréchal fut l'un des pleiges du roi envers les barons, quand ceux-ci, lors de la cour tenue par le roi à Worcester, à Noël 1214, présentèrent pour la première fois leurs réclamations (Rog. de Wendover,
II, 113; Math, de Paris, Chron. maj., II, 584). Ensuite, après l'assemblée de Brackley, il fut, ainsi que l'archevêque de Cantorbéry, chargé par le roi de négocier avec les barons (Rog. de Wendover, II, 115; Math. de Paris, Ckron. maj., II, 585). C'est plus tard seulement, après l'entrée des barons dans Londres, qu'il se rallia à ces derniers. Par suite, il figura, dans le préambule de la Grande charte, en tête des barons par le conseil de qui celte charte est octroyée (15 juin 1215).