‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 24 sur 404 · TOURNOI ENTRE SAINT-BRICE ET BOUERE · texte numérisé non relu

TOURNOI ENTRE SAINT-BRICE ET BOUERE

« avoir part au cheval. » Le Maréchal y consentit. Il le regretta ensuite, mais ne s'en démentit pas [-1362].

Dieu est sage et courtoise II a bientôt fait de venir en aide à ceux qui se fient en lui. Ce matin, le Maréchal était pauvre en deniers et en chevaux. Le voilà maintenant bien pourvu de palefrois, de roncins, de sommiers. Le tournoi fini, tous félicitèrent le Maréchal et lui firent meilleure mine que devant : « Tant as, tant vaus et tant je t'aime^ » [-1380].

Peu après se répandit la nouvelle d'un tournoi entre Saint- Brice et Bouere^. Le Chambellan n'y alla point. Le Maréchal, toutefois, lui demanda congé de s'y rendre. « Vous n'y arrive- « rez pas à temps , » lui dit celui-ci. « Songez qu'il y a trois « grandes journées de chemin. — S'il plaît à Dieu, j'y arriverai a bien, sans vous causer aucun dérangement. — Allez, et que a Dieu vous conduise ! Ce n'est pas moi qui vous en empêche- « rai. » Le Maréchal arriva au moment où les chevaliers s'armaient. Il descendit en hâte, se fit armer et remonta. Il eut bientôt fait d'abattre un chevalier. Mais à ce moment survinrent cinq chevaliers qui le saisirent au frein. Ils eurent beau le tirer et le frapper, il réussit à se délivrer d'eux, mais ils lui tournèrent son heaume sens devant derrière, de telle façon qu'il ne put Tarracher qu'en brisant un des lacs^. Comme il se donnait

1. Cf. V. 5465 : Molt est Dex puissant et corteiz. L'idée que Dieu est courtois a été fréquemment exprimée dans notre ancienne poésie : Curteis est Deus ki tut créa, dit, au début de son œuvre, Roau d'Arundel, traducteur en vers de la lettre de Prêtre-Jean (Notices et extraits des mss., XXXIV, I, 231). C'était une locution toute faite, qui a été parodiée : MuU [par] est diables curteis est le premier vers d'un poème satirique sur les états du monde (Romania, lY, 388}.

2. C'est par ce proverbe que l'auteur des Moralités des philosophes (traduction du Moralium dogma philosophorum de Guillaume de Couches faite au xiii* siècle) rend ce vers d'Horace... quia tanti quantuvi habeas sis (Serm., I, i, 68; ch. zxxix du Moralium dogma). D'autres exemples du même proverbe ont été indiqués au t. I, dans la noie du v. 1380.

3. Dans le texte Boeles (v. 1382) en rime avec noveles. Saint-Brice et Bouere sont deux localités voisines situées dans l'arrondissement de Cliàteau-Gonlicr (Mayenne). Je dois à M. Longnon cette identitication, à laquelle on ne peut rien objecter sinon que les documents anciens ])orlent constamment Boeria^ Boere, Boyre, et non Boeles (L. Maître, Dict. topogr. de la Mayenne).

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