‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 25 sur 404 · LE MARÉCHAL OBTIENT LE PRIX DU TOURNOI · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL OBTIENT LE PRIX DU TOURNOI

un peu d'air, vinrent à passer deux chevaliers de marque qui l'avaient vu à l'œuvre, sire Bon-Abbé de Rougé* et Jean de Subligni^. a Messire Jean, » dit le premier, « qui est ce chea valier qui se sert si bien de ses armes ? — C'est Guillaume le « Maréchal. Il n'y a pas d'homme plus loyal. Son écu est de a Tancarville. — Certes, » reprit Bon-Abbé, « la troupe dont « il est le chef doit gagner en valeur et en hardiesse » [^482].

Le Maréchal, qui les entendit, se réjouit en son cœur. 11 remit son heaume et rentra dans la mêlée, où il fit de tels exploits qu'on lui donna sans conteste le prix du tournoi [i 500].

Puis il mena si belle vie que plusieurs furent jaloux de lui. Il erra 3 en tournois et en guerres, par tous les pays où un chevalier peut conquérir honneur. Sa renommée se répandit en France, dans le Pays d'aval, en Hainaut, en Flandre. Il n'y a, en Bretagne et en Normandie, prud'homme qui ne parle de lui avec éloge. Sa vaillance est réputée en Anjou, dans le Maine, en Aquitaine. Le désir lui vint de retourner en Angleterre, où il était né, pour revoir sa famille. Lorsque le vent fut favorable, il prit congé du Chambellan [4532]. En le lui accordant, celui-ci l'engagea à revenir au plus tôt, car l'Angleterre n'était un bon pays que pour des vavasseurs ou pour des gens qui n'ont cure d'errer. Mais, ceux qui aimaient la vie de chevalier errant et les tournois, on avait coutume de les envoyer en Bre-

1. Rougé (dans le texte Rogi), ch.-l. de cant. de l'arr. de Châteaubriant. Ce seigneur breton est mentionné par Robert de Torigni, A l'année 1173, et lit, en 1183, une donation à l'abbaye de Mellerai (voy. Rob. de Torigni, éd. Delisle, II, 45, note 6).

2. Subligni, arr. d'Avranches, cant. de la Haye-Pesnel; Soleingni dans le texte (r. 1466), Soligneium et Suligneium dans les documents du XII' siècle. La forme première doit être Sulliniacus, qui a donné Suligni, Sulegni, puis Subligni, dans l'Yonne (voy. Quantin, Dict. topogr. de l'Yonne). — Johannes de « Suligneio » ou « Soligneio » figure en des documents divers compris entre 1153 et 1175 {Rob. de Torigni, éd. Delisle,

II, 298, 308; Delisle, Magni rotuli scaccarii Normannix fragment

tum, dans les Mém. de la Soc. des ant. de Normandie, 2" série, t. VI, 2' partie, p. xxvij, tir. à part, p. 35). H fut probablement l'un des cbe- Vdliers du jeune roi Henri, car il figure comme témoin dans une charte de ce princ^î en faveur de Chrisl-Church, Cantorbery, (jui parait être de 1175 (Musée bril., Cotl. charters VI, 1).

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