IL PREND SES DISPOSITÎONS EN VUE DE L'ATTAQUE
que 406 chevaliers et 317 arbalétriers * . Ils étaient peu nombreux, mais ils avaient belle contenance. Quand ils furent en ligne, le Maréchal leur adressa une harangue en homme qui savait parler : « Ceux qui saisissent nos terres et nos biens sont là en « votre main. Ils sont à nous, si cœur et hardiesse ne nous font « défaut. Si nous mourons dans cette entreprise, Dieu qui sait a distinguer les bons nous mettra en son paradis, et si nous a remportons la victoire, nous aurons conquis une gloire a durable pour nous et nos lignages. Vous savez d'ailleurs « qu'ils sont excommuniés; ceux d'entre eux qui succomberont tt iront droit en enfer. C'est Dieu qui les a mis en notre pou- « voir. Courons-leur sus! Le moment est venu » [463^0].
Après avoir ainsi parlé, le Maréchal remit le commandement des arbalétriers au bon évêque de Winchester, Pierre, qui s*y
entendait^, leur recommandant de ^ et de se tenir en ligne
étendue pour tuer les chevaux des Français lorsqu'ils chargeraient*. Il commanda ensuite à deux cents sergents de se tenir prêts à tuer leurs propres chevaux pour servir de barrières en cas de besoin. Tous ceux à qui le comte parla ainsi manifestèrent une grande joie ; ils étaient aussi gais que s'il s'était agi d'un tournoi [i 6334].
A Lincoln, les Français étaient au nombre de 6^-1 chevaliers avec un millier d'hommes de pied, sans parler des Anglais qui tenaient leur parti. De là sortirent Simon de Poissi*, le comte
1. Cf. plus loin V. 17025. — Rog. de Wendover (II, 212) donne des chiffres un peu différents : 400 chevaliers, environ, et 250 arbalétriers. Mais il ajoute : < Servientes quoque et équités tôt et taies adfuerunt inna- (( meri quod vices militum possent, pro necessitate, supplere. »
2. Il était, selon Rog. de Wendover (II, 212), « in opère martio era- ( ditus. »
3. Les vers 16319-20 paraissent corrompus, mais la correction proposée en note, dont le sens serait que les arbalétriers devaient viser les Français à la tête, est fort douteuse et s'accorde mal avec la recommandation qui suit.
4. En étendant leur front, les arbalétriers augmentaient l'espace qu'ils pouvaient couvrir par leur tir.
5. Simon de Poissi était un chevalier français à qui Louis avait donné le château de Cambridge {Hist. des ducs de Norm., p. 182). On possède d'assez nombreux actes émanés de lui ou le concernant; voy. Delisle, Cat. des actes de Ph.-Aug., 1008 (1206), 1404 (1212 ou 1213), 1405 (id.),