‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 268 sur 404 · LES FRANÇAIS SE RENFERMENT DANS LINCOLN · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS SE RENFERMENT DANS LINCOLN

du Perche et celui de Winchester pour reconnaître l'armée royale. Ils revinrent ayant constaté qu'elle avait belle apparence. Onques en nulle terre on n'avait vu troupe mieux équipée ni mieux préparée à la guerre^ [16352].

D'après le rapport qui leur fut fait, les Français se renfermèrent dans la ville et dirent que les Royaux n'étaient pas en état de les y assaillir, malgré les airs qu'ils se donnaient, et qu'ils devraient battre en retraite. Mais, ajoutaient-ils, les Royaux ne s'en iraient pas tranquillement sans avoir affaire à eux, d'autant plus que leurs chevaux étaient las de marcher nuit et jour. Sur ce dernier point, les Français avaient raison, et toutefois Tarmée royale se dirigea hardiement vers la ville. Le Maréchal leur adressa une nouvelle harangue leur disant que c'était pour eux un premier succès de voir les Français, ordinairement les premiers au tournois, se cacher derrière les murs [16400].

Seigneurs, ici, je ne sais plus que dire, car ceux qui me fournissent la matière ne sont pas d'accord, et je ne puis pas obéir à chacun. Je perdrais la droite voie et mériterais moins d'être cru. Il ne faut pas introduire de mensonges en vraie histoire. Quand le Maréchal sut que les Français s'étaient retirés dans la ville, il donna ordre à Jean le Maréchal, son neveu, d'aller au château s'informer de l'état des assiégés. Sire Jean s'acquitta" bien de sa mission, et, comme il approchait du château, sire Geffrei de Sériant ^ vint au-devant de lui et lui mon-

1888 (1219), 2191 (1223). Deux sceaux de lui ou de son flls sont décrits dans Douët d'Arcq, Collection de sceaux, n"' 3258, 3259 (actes de 1229 et de 1230). Guillaume Le Breton, dans sa chronique (§ 223), l'appelle Simo Pissianita.

1. R. de Wendover (II, 214) donne plus de détails sur cette reconnaissance. Il dit notamment que les Français, trompés par le nombre des bannières, s'exagérèrent reffectif des combattants, et, par suite, renoncèrent à attendre les Royaux en rase campagne.

2. Geflfrei de Sériant (dans les documents latins de Serlande ou de Serlaundé) était, depuis les dernières années du règne de Jean, gardien du château de Salvata, dans le comté de Northampton, lieu (juc sir Th. Duflus Hardy n'a pas réussi à identifier {Itin. of kmg John, dans les Hot. lut. pat., I). On trouvera de nombreuses mentions de ce personnage dans les divers recueils d'actes des rois Jean et Henri III.

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