DE NOMBREUX CHEVALIERS FRANÇAIS
en eût plein les mains. Ce n'était pas le moment des défis qu*on se porte le soir à l'hôtel * , on avait autre chose à faire. On combattit tellement de part et d'autre que les plus forts en furent lassés 2 [i6SÂi],
Guillaume Bloët^, le porte-bannière du jeune Maréchal, chargea avec tant d'impétuosité qu'il tomba par-dessus le pont, avec son cheval. Mais il se releva bientôt. La lutte ne continua pas longtemps du côté des Français, qui naguères se vantaient de chasser d'Angleterre les Anglais [^6932].
Là fut pris Sahier de Quinci, comte de Winchester^, sire Robert Fils Gautier^, sire Robert de Quinci et plusieurs autres^. Le reste prit la fuite en descendant la rue qui conduit à l'HôpitaF. Le chemin leur parut pénible à parcourir jusqu'à
1. Cette expression rappelle les « vautances de l'ostel » du y. 907.
2. J'omets un long déTeloppement sur les conditions et les mérites de la chevalerie.
3. il était frère d'un Roland Bloët dont il sera question plus loin (v. 17766). Il obtint, en 1218, moyennant finance, la garde de la terre de Roger de Meisy, qui avait été confiée à son frère Roland par le roi Jean {Rot. litt. clans., I, 294 6, 335, 354). Un Guillaume Bloët figure dans une pièce publiée par Madox, Formulare anglicanum, n" 298.
4. Voy., sur ce personnage, Dugdale, Baronage, I, 686-7. On suppose que le surnom de la famille était tiré de Cuincby-lez-Ia-Bassée, arr. de Bétbune, canl. de Cambrin.
5. Un personnage du môme nom paraît, dans une liste de chevaliers anglais, au v. 4615 (ci-dessus, p. 56, n. 8), mais il est douteux que ce soit le même. Celui-ci figure comme témoin, après le comte de Winchester (comme ici), dans une charte de Louis, datée du 21 novembre 1216, qui a été mentionnée plus haut, p. 219. Le roi Jean l'avait nommé gardien du château de Herlford en 1202 (Rot. litt, pat., I, 17 6).
6. Deux listes plus étendues des prisonniers faits à Lincoln ont été données l'une par Rog. de Wendover (II, 217; cf. Math, de Paris, III, 22), l'autre par l'auteur de VHist. des dites de Norm.^ p. 194. Robert de Quinci, qui était fils de Sahier de Quinci, comte de Winchester, n'est pas nommé dans la première ; mais on lit dans la seconde : a Li cuens de Winciestre « fu pris et Robiers ses fils, ki moût fu biaus bacelers. » Robert était le fils aîné du comte de Winchester. Tous deux moururent en 1220, le fils avant le père. Voy. Math, de Paris, III, 60, et l'addition du manuscrit C, publiée en note, où il est dit en parlant de Robert « quo non, ut creditur, fuit ( in mundo miles speciosior », ce qui est à rapprocher du témoignage précité de ÏHist. des ducs de Normandie.
7. L'hôpital des Saints-Innocents (Dugdale, Mona&ticon, VI, 627), situé hors la ville, près de la porte dont il va être question.