‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 279 sur 404 · PHIL.-AUG. ET BLANCHE PRÉPARENT DES RENFORTS · texte numérisé non relu

PHIL.-AUG. ET BLANCHE PRÉPARENT DES RENFORTS

blée, où on devait délibérer sur les mesures à prendre pour la défense du royaume [47068].

Louis fut très affligé quand il apprit que sa gent avait été si complètement battue à Lincoln ^ et que le comte du Perche y avait perdu la vie. Quittant le siège de Douvres, il se rendit à Londres au plus vite, craignant que cette ville fût enlevée par les Royaux, de vive force ou par surprise, et il envoya demander du secours en France [47084].

Quand le roi Philippe apprit la défaite des siens, il en fut désolé et demanda si le roi Jean était mort^. a Oui, » lui répondit-on, « son fils est déjà couronné, et le Maréchal s'est « voué à sa défense. — Alors, nous n'avons rien à gagner en « Angleterre. La terre est perdue pour Louis, et, dans peu, lui « et ses partisans en seront chassés, puisque le Maréchal s'en mêle^ » [47408].

Ainsi parla-t-il, puis il prépara Penvoi en Angleterre de troupes nombreuses qui auraient secouru son fils et lui auraient facilité la conquête du royaume si elles avaient pu y aborder. Mais Dieu ne le permit pas. Sa femme ^ parcourut

1. Selon le texte imprimé de VHist. des dites de Norm., p. 195, la nouvelle de la défaite de Lincoln serait parvenue à Louis < le joesdi apriès « la Pentecouste. » Il y a là une erreur évidente, qui du* reste a déjà été faite à la page précédente où elle est corrigée par une variante donnée en note : Pentecouste a été écrit au lieu de Trinité. C'est le 25 mai.

2. C'est peu probable. Le roi Jean était mort depuis sept mois; Philippe ne pouvait guère l'ignorer.

3. Ces paroles de Philippe-Auguste sont assurément d'une authenticité contestable. Elles ont toutefois beaucoup plus de vraisemblance que celles que lui prête dans la môme circonstance Mathieu de Paris. Selon cet écrivain, quand le roi eut appris la situation critique où se trouvait son fils, il aurait dit : i Nonne adhuc vivit W. Marescallus? » et, sur la réponse affirmative qui lui fut faite, il aurait repris : « Non ergo timeo f de filio meo. » Le chroniqueur ajoute : t unde W. Marescallus post « hœc semper notatus fuit de proditione » (III, 25-6). Cette petite scène a été intercalée par Mathieu dans le récit de R. de Wendover. Si elle n'est pas de pure invention, elle ne peut se fonder que sur un malentendu. La loyauté du Maréchal était proverbiale et n'a jamais été suspectée par les contemporains. Mais les bruits calomnieux dont Mathieu de Paris s'est fait l'écho se répandirent bientôt après sa mort; voy. Petit-Dutail- Jis, Étude, p. 170, note.

4. Blanche de Castille, femme de Louis. On sait d'ailleurs qu'elle

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