NÉGOCIATIONS AVEC LOUIS EN VUE DE LA PAIX
Louis apprit bientôt à Londres la défaite de ceux qui étaient venus lui porter secours \ et il en fut très affligé. La même nouvelle ne tarda pas à se répandre en France. Le roi Philippe, craignant que son fils vînt à être pris ou livré, rassembla ses conseillers et leur dit : « Seigneurs, ne l'avais-je pas dit, que « si le Maréchal se mêlait de cette affaire, Louis et son entre- « prise seraient ruinés? Maintenant, que me conseillez-vous de «c faire? » L'avis du conseil fut qu'il fallait mander à Louis de revenir à tout prix. L'ordre fut envoyé à Louis secrètement. Celui-ci le reçut et n'en fit pas semblant [17626].
Le Maréchal et les siens, le comte de Varenne aussi, quittèrent Douvres^. Peu après, Louis résolut, après avoir pris conseil des siens, de demander une entrevue au Maréchal. Celui-ci tint conseil à ce sujet avec les partisans du roi. Tels d'entre eux, qui s'étaient tenus loin de la mer au moment du danger, parlèrent avec hauteur : « Nous n'avons que faire d'entrer en a conférence avec Louis, » disaient-ils, « mais allons assiéger a Londres. » Les hommes sages qui étaient présents tinrent un langage plus modéré, et conseillèrent au Maréchal de tout faire pour débarrasser la terre des Français: de n'y point épargner l'argent, car ils l'aideraient de tout leur pouvoir. Le Maréchal suivit le conseil et consentit à l'entrevue demandée par Louis. Tout cela ne se fit pas en un jour-, il y eut plusieurs réunions^, et on n'arriva pas sans peine à se mettre d'accord. Les Français firent en sorte que leurs partisans anglais fussent tenus à l'écart des négociations''. Finalement, il fut décidé que Louis
8ey (Surrey) le 6 septembre et jours suivants (ibid.). C'est dans l'intervalle qu'il dut se rendre à Douvres.
1. Le surlendemain de la bataille, le samedi 26 août, selon ['Hist. des ducs de Norm., p. 202.