GUERRE DU MARÉCHAL AVEC MORGAN DE CAERLEON
par Guillaume de Goleville' d'avoir à observer la paix. Mais Morgan n'en fit rien. Il répondit que tant que le Maréchal tiendrait un pied de sa terre, il ne cesserait pas de lui faire la guerre. Il le dit et ne s'en dédit point, car ce fut pendant la trêve de Louis que sire Rollant Bloët^ fut tué, ainsi que Gautier 3... et Robert de Colombiers et de sept autres gentilshommes [47772]. Morgan ne cessa, après le départ de Louis, de guerroyer. Mais l'année suivante, après la Saint-Michel, il subit un échec sensible, car le baiUi du Maréchal, ayant mandé ses hommes et ses amis, assiégea Gaerleon et le prit^ La guerre dura longtemps après et le pays en souffrit. Pour y mettre fin, un parlement fut convoqué à Worcester. Les archevêques et les évêques y furent mandés. Le légat Gualon y vint, et aussi Llewelyn de Galles, et nombre de comtes et barons dont j'ignore les noms. Dans ce conseil, Llewelyn demanda au roi, avec l'appui du comte de Ghester et de l'évêque de Winchester, de rendre à Morgan, son cousin, les terres que le Maréchal lui avait enlevées de force et ne voulait pas lui restituer, contrairement aux termes de la paix portant que chacun devait reprendre ses possessions telles qu'il les avait avant la guerre
Le Maréchal prit conseil de ses hommes, tout disposé à rendre la terre si c'était Tavis des siens. Mais, au contraire, ils
donné à ce prince le 18 novembre pour venir faire hommage au roi, et, à la date du 18 février 1218, un acte relatif à la môme affaire. En mars 1218 {ibid.), Llewelyn rappelle qu'il s'est engagé, à Worcester, à remettre au légat Galon, pour le roi, les châteaux de Caermarthen et de Cardigan, et à décider les seigneurs gallois à faire hommage au roi.
1. Ce personnage, souvent mentionné dans les rôles, avait pris le parti de Louis, car il fut fait prisonnier à Lincoln (R. de Wend., II, 217).
2. Ce chevalier était l'un des fldèles du roi Jean qui lui avait confié la garde de Knep Castle, et lui ordonna ensuite de le brûler, par lettres du 13 juin 1216 {Rot. litt. pat., p. 187). Il était frère de Guillaume Blœt, mentionné plus haut, v. 16915.