‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 292 sur 404 · LE MARÉCHAL TOMBE MALADE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL TOMBE MALADE

lui montrèrent qu'il avait droit de la garder. Le Maréchal confla la défense de sa cause à un des siens qui savait bien parler. Celui-ci vint au roi et lui parla ainsi : a Écoutez, cher sire, ce a que mon seigneur veut vous dire. Mon seigneur vous montre « que la demande de Morgan est mal fondée. Lorsque Louis « donna ordre à ses partisans d'observer la trêve, Morgan s'y « refusa. Il ne voulut pas y être compris. Le Maréchal peut « prouver que c'est pendant celte trêve que Morgan lui a tué a plusieurs chevaliers. Il a brûlé vingt-deux églises, ravagé la « terre, tellement qu'il a, pour ce fait, encouru l'excommuni- « cation. Il n'est besoin de prouver rien autre » [-17864].

L'assemblée donna raison au Maréchal ; la terre et le château de Caerleon lui restèrent acquis, avec toutes les dépendances ^ Alors le parlement se sépara [-17872].

Je ne veux pas entreprendre de dire tout ce qui se fut fait en ce parlement^, ce n'est pas de mon sujet, mais je vous en dirai l'époque. Il se tint un an ^ après le départ de Louis à la Saint- MicheP. A. la Chandeleur, le Maréchal fut pris du mal dont il mourut [1 7883]. Il se rendit à cheval, malgré son mal, à la Tour de Londres^. Des médecins vinrent de diverses parts le visiter, mais ils ne réussirent guère à le soulager. Il resta couché jus-

1. Il ne semble pas pourtant que le diflférend ait été dès lors terminé. H durait encore, ou du moins avait recommencé, en 1220, époque où on voit Morgan de Caerleon constituer deux atournés chargés de soutenir sa cause contre Guillaume le Maréchal (flls du grand Maréchal) devant la cour du roi (Rot. litt. claus., p. 436 6).

2. Selon toute apparence, il y a ici une lacune. Le parlement auquel l'auteur fait allusion ne doit pas être celui de Worcester, mais c'est plus probablement celui qui fut tenu à Londres, < post festum Sancti Michae- « lis, » selon les Annales de Waverley (éd. Luard, II, 220), c'est-à-dire au commencement d'octobre 1218. A cette date, le Maréchal était à Westminster. Le 6 octobre, nous le trouvons à Dunstaple, mais, du 9 du même mois jusqu'au 10 novembre, il résida sans interruption à Westminster {Rot. litt. claus., I, 370-372 6, 380 6-381 6).

3. Traduit selon la correction proposée à la note du v. 17879.

4. Le texte semble indiquer que ce parlement dura jusqu'à la Chandeleur (2 février), mais cela paraît invraisemblable.

5. Du 16 janvier au 24 février, le Maréchal est témoin à un grand nombre d'actes datés de Westminster. Puis, le 7 mars et jours suivants, nous le retrouvons à la Tour de Londres.

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