LE MARÉCHAL SE DÉMET DE LA RÉGENCE
qu'au Garême% la comtesse étant avec lui. Quand il vit son mal augmenter, il manda son fils^ et ses gens et leur parla comme il le savait faire. Il les réconforta de son mieux, et, selon le conseil qui lui fut donné, il fît à loisir son testament [-17907]. Il appela auprès de lui son fils et Henri Fils Gerout^, et leur ordonna de le faire transporter sans retard à Caversham, en son manoir. 11 ne voulait pas rester plus longtemps dans une ville malsaine. Il lui semblait que chez lui il supporterait plus aisément son mal; et, si l'heure de sa mort était arrivée, il aimait mieux mourir chez lui qu'ailleurs. On prépara des bateaux dans l'un desquels on l'installa confortablement. La comtesse prit place en un autre. Ils naviguèrent doucement jusqu'à Gaversham'*. C'est à cette époque que le légat Galon se dirigea vers les iVlpes^. Il fut remplacé par Pandolfe'^.
Alors fut tenu un concile, qui eut lieu à Reading, à cause de la maladie du comte. Le roi, le légat, le grand juge y assistèrent et beaucoup d'autres barons^ [4 7948].
Quand ils furent tous réunis, le comte fît prier le roi, le légat, les comtes, de venir auprès de lui, car il désirait s^entretenir avec eux. Ils s'empressèrent de se rendre à son appel. Après avoir échangé des saints, ils s'assirent autour de lui. 11 s'adressa au roi et lui dit : « Beau doux sire, quand la mort frappa a votre père, le légat Galon se rendit à Gloucester avec les
1. Le dimanche de la Quadragésime tombait en 1219 le 24 février. C'est au plus lot à cette date (voy. la note précédente) que le Maréchal se rendit à la Tour de Londres.