‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 309 sur 404 · LARGESSES AUX PAUVRES · texte numérisé non relu

LARGESSES AUX PAUVRES

Quand les messes furent chantées, l'archevêque, assisté de révêque et de nombreux religieux, archidiacres et chanoines, fît le service de l'enterrement d'une manière si noble que tous en furent satisfaits et remercièrent Dieu des honneurs qu'il avait faits au Maréchal pendant le cours de sa longue vie et à sa mort. Devant la tombe, l'archevêque prit la parole et dit : oc Voyez ce que vaut la vie du monde. Quand on est mort, on « n'est plus qu'un peu de terre. Voilà ce qui reste du meilleur « chevalier qui ait jamais vécu. C'est là que vous en viendrez « tous. Chacun meurt à son jour. Nous avons ici notre miroir, a vous comme moi. Que chacun dise sa patenôtre pour que « Dieu reçoive en sa gloire ce chrétien et le mette en la com- « pagnie de ses fidèles comme nous croyons qu'il l'a mérité ! » [19084].

Quand le corps eut été mis en terre, ceux qui avaient été chargés de la distribution des aumônes eurent soin qu'elle fût faite équitablement. Elle eut lieu à Westminster, parce que, dans Londres, la place n'eût pas suffi, tant les pauvres étaient nombreux. Tous eurent part à la distribution, et il se trouva que, lorsque tous furent satisfaits, il ne resta plus ni denier ni pain. Quant aux robes, après que cent pauvres eurent reçu chacun la sienne, il s'en trouva trois de reste [19106].

La nouvelle de la mort du Maréchal ne tarda pas à se répandre. Elle parvint bientôt au roi de France, qui alors se trouvait en Gâtinais^ avec toute sa cour. Le roi dit au messager : « Attends

condait au chœur. Elle a été plusieurs fois dessinée, par exemple dans Stothard, Monumental effigies (1817), pi. 26 et 27. Mais ceUe tradition est contestable. Déjà, au siècle dernier, Goujçli {Sepulchral Monuments in Great Britain, 1786, 1, 50) disait qu'on ne pouvait identifier les tombes. De plus, on n'a pu tenir compte, dans les attributions qu'on en a faites à divers personnages, de la circonstance révélée par le poème, que l'une d'elles devait être celle du frère Aimeri. Pour la bibliographie des ouvrages et dissertations où il est question des tombes du Temple, on peut voir The Temple Church and Chapel of 5' Anne, etc., an hisiorical record and guide by T. Henry Baylis, second edit., Loodon, 1895, in- 12.

1. Le Maréchal étant mort le 14 mai, la nouvelle de sa mort a dû par* fenir au roi de France vers la fin du même mois. On n'avait jusqu'à préseot aucune Dotion précise sur les séjours de Philippe-Auguste entre

Page 1