XVIII INTRODUCTION. — II
Il y aurait peu d'intérêt à rassembler tous les témoignages qui nous sont parvenus sur Jean d'Erlée. La tâche serait, du reste, assez facile, puisque tous les recueils de rôles publiés par le Record office sont pourvus de tables. Il suffira de citer ici quelques-unes des mentions les plus caractéristiques, afin de compléter les données du poème.
Jean d'Erlée, qui, dès 1188, était, comme le poème nous l'apprend, Técuyer du Maréchal, avait des biens de famille dans le comté de Berks, à Early , à Reading, à Sunninghill*, et aussi dans Sommerset^ Sa fortune, liée à celle de son seigneur, grandit rapidement. Lorsque celui-ci, par son mariage avec Isabelle de Clare, fut entré en possession de terres considérables dans le pays de Caux^, Jean d'Erlée obtint sur ces terres certains revenus^ En 1215, lorsque le Maréchal, oubliant les injustices dont il avait eu à souffrir, donna son appui au roi Jean, abandonné de la plupart des barons, Jean d'Erlée fut l'objet des faveurs royales. Le roi lui accorda, à lui et à un autre chevalier^, la garde du comté de Devon. Deux ans plus tard, le Maréchal étant régent d'Angleterre, il fut récompensé de ses services par d'importantes concessions®. Enfin, il fut avec David, abbé de
1. Voir un accord de 1197, dans Feet of fines of the seventh and eighth years of Richard /, n® 122 {Pipe Roll Society, t. XX).
2. Voir le Livre rouge de V Échiquier (édit. Hubert Hall, collection du Maître des Rôles), I, 27 (1160-1, le « Johannes de Erlega » ici mentionné est, sans doute, le père de récuyer du Maréchal), 80 (1194-5), 9547 (1210-2). Voir aussi The great roll of the Pipe for the first year of King Richard I (éd. J. Hunter, Londres, 1844), p. 147, 154.