Voir ci-aprÔ8, j). 13, u
XXVI INTRODUCTION. — III, § i.
1154 OU au commencement de l'an 1155, il n'aurait été adoubé qu'en 1174 ou 1175. Or, c'est là une conclusion que contredisent des faits certains. Le 14 juin 1170, Henri, fils aîné de Henri II, fut couronné roi. Peu après, son père désigna les chevaliers qui devaient être ses compagnons, au nombre desquels était Guillaume le Maréchal, à la garde de qui le jeune roi fut spécialement confié (v. 1939 et suiv.). Guillaume était donc chevalier en 1170, et non le premier venu, puisqu'il était l'objet d'une désignation particulièrement honorable. Ce fut lui qui, en 1173, au début de la guerre entre le fils et le père, eut l'honneur d'adouber le jeune roi, alors âgé de dix-huit ans (v. 2084 et suiv.). Étant donc impossible que Guillaume soit resté vingt ans écuyer, j'ai proposé, au vers 772, de corriger t?m^ en vuitK Cette correction admise, la succession des faits se présente ainsi : Guillaume, confié aux soins du chambellan de Normandie vers 1156, aurait été fait chevalier vers 1164, à l'âge de vingt ans environ-. Le poète nous dit que l'adoubement du jeune Maréchal eut lieu à une cour tenue par le chambellan à Drincourt (v. 817) ; mais, comme la date de cette solennité ne nous est pas connue, il n'y a là aucun élément chronologique ^.
Du temps qu'il était écuyer, le jeune Maréchal passait,
1. Cf. ci-après, p. 14, n. 3. La forme vuit (huit) est fréquente dans le poème; voir par ex. v. 848.
2. A cette époque, on était rarement armé chevaher avant vingt ans. Naturellement, il y a des exceptions, notamment lorsque le nouveau chevalier était de race royale.
3. Immédiatement après la mention de cette cour, le poète passe au récit de la lutte qui eut lieu à Drincourt (maintenant Neufchàtel-en-Brai) entre les partisans du jeune roi et ceux du roi son père, et au cours du récit il semble indiquer que le Maréchal était depuis peu chevalier (v. 872 et suiv.). Cette affaire eut lieu en 1173, mais l'auteur n'en savait rien, puisqu'ensuite il passe à des faits de 1168.