Voir ci-après, p. 121, n
MARIAGE DU MARÉCHAL. lix
tenait en garde. Il eut, paraît-il, quelque peine à y parvenir (a enviz li fu rendue, v. 9517). Mais il était tenace et entendait ses affaires. Une fois en possession de la demoiselle, il ne se contenta pas de la garder « comme sa chère amie », ainsi qu'il avait fait pour la demoiselle de Lancastre : il s'empressa de l'épouser et l'emmena à Stokesd'Abernon, où il ne dut pas faire un long séjour, car, le 3 septembre, il assistait au couronnement de Richard, à Westminster, et pendant tout le reste de l'année nous le voyons suivre la cour royale en différentes villes d'Angleterre. Il profita de la présence de Richard pour se faire mettre en possession des terres d'Irlande qui faisaient partie de l'héritage de sa femme. Il y réussit, malgré la résistance du comte Jean (Jean Sans-Terre), qui les avait en garde, en sa qualité de roi d'Irlande* ; mais il dut lui faire hommage ^ Le Maréchal avait attendu pour se marier le bon moment, ou du moins une bonne occasion. Il pouvait paraître un peu mûr pour une jeune fille de dix- sept ans-^ puisqu'il en avait environ quarante-six, mais la diflerence d'âge ne l'empêcha pas de laisser après lui cinq fils et quatre filles^. Par son mariage, il devenait, lui simple cadet qui ne possédait pas un sillon de terre, l'un des hommes les plus riches du royaume. Sa femme lui apportait la terre de Longueville, dans le pays de Caux, le château d'Orbec, près de Lisieux^,