LX INTRODUCTION. — III
Pembroke et Striguil (Ghepstow), avec le titre de comte S dans le pays de Galles, le château de Goodrich*, dans le comté de Hereford, et sans doute beaucoup de terres adjacentes; enfin, en Irlande, la plus grande partie du Leinster, c'est-à-dire un territoire correspondant à huit ou dix des comtés actuels^. Et cette immense richesse territoriale devait s'accroître encore lorsque le Maréchal hérita de son frère aîné, Jean, mort en 1194.
La position de Guillaume dans l'État grandit aussi dès l'avènement de Richard. Il s'éleva rapidement aux plus hauts emplois. Déjà, dans la solennité du couronnement (3 septembre 1189), il avait porté le sceptre royal ^ tandis que le maréchal d'Angleterre, son frère Jean, portait les éperons d'or. Il participait dès lors à une fonction dont il devait, plus tard, devenir le titulaire. Lorsque Richard partit pour la croisade, il laissa le gouvernement à son chancelier, Guillaume de Longchamp, nommé grand juge d'Angleterre, et assisté d'un conseil composé de quatre barons, au nombre desquels était le Maréchal^. C'est sans doute à la même époque que ce dernier fut nommé shérif du comté de Lincoln, circonstance que le poème ne mentionne pas*. Mais Guillaume de Longchamp était un homme ambitieux et avide qui, par ses exactions, ne tarda à soulever contre lui une vive opposition''. Des plaintes furent adressées à Richard, alors à Messine, par les barons d'Angleterre. De
1. Titre qu'il ne reçut ofiBciellement que plus tard, lors du couronnement de Jean. Voir plus loin.