Rigord, § 141, éd. Delaborde, p
3. Chronique, §§ 122 et 123, éd. Delaborde, p. 213; Philippide, 1. VII.
4. « Misit itaque cotarelios, sub profundo noctis sileutio, et ruptarios, cum paucis militibus, ad illos qui renianseraut ultra Sequanara » (éd. Delaborde, p. 214).
Lxxvi INTRODUCTION. — III, § 5.
par qui elle était commandée. Dans la Philippide, au contraire, on voit le roi Jean adresser au Maréchal un pompeux discours* et le charger de conduire l'attaque à la tête de trois cents chevaliers choisis, de trois mille hommes à cheval, de quatre mille hommes de pied et de la troupe du chef de routiers qu'en une autre occasion notre poète appelle Lovrekaire^. Ce deuxième récit m'inspire peu de confiance. Je n'y vois qu'une mauvaise amplification de l'exposé beaucouj) plus simple fait par le même Guillaume Le Breton dans sa chronique. Tandis que la chronique ne parle que des cotereaux et routiers avec un petit nombre de chevaliers, la Philippide suppose l'emploi de tout un corps d'armée qui n'aurait pas eu moins de huit mille hommes, ce qui, pour une expédition de nuit, est simplement absurde. D'ailleurs, jamais Jean ne fut en état de mettre en ligne un nombre d'hommes aussi considérable. La présence du Maréchal à la tête de cette expédition, n'étant attestée que par la Philippide, peut être considérée comme très douteuse. S'il y avait pris part, il serait singulier que l'Histoire de Guillaume le Maréchal eût gardé le plus complet silence sur cet épisode, qui pourtant ne manquait pas d'importance.
Le 5 ou le 6 décembre 1203, le roi s'embarqua à Barfleur pour l'Angleterre, emmenant avec lui le Maréchal •'^.