Gi-après, p. 175, n. 3 et
LE MARÉCHAL ET PHILIPPE-AUGUSTE. lxxvii
Il promettait de revenir prochainement avec du renfort. Il n'en fit rien. Lorsqu'il fut informé que, faute de secours, Rouen et ses autres places fortifiées devraient bientôt ouvrir leurs portes à Philippe-Auguste (ce qui, du reste, était à prévoir), il envoya en Normandie (avril 1204) une mission composée de l'archevêque de Gantorbéry, du comte de Leicester et du Maréchal, afin de négocier avec le roi de France*. Le poète, sans entrer dans d'autres détails au sujet de l'objet de cette mission, nous dit que l'entrevue eut lieu au Bec* et que le roi de France repoussa les conditions qui lui étaient proposées. Mais il ajoute que Philippe-Auguste fit entendre aux négociateurs anglais que, s'ils ne lui faisaient hommage à un terme fixé pour leurs terres de Normandie, ils les perdraient. Ils se décidèrent alors à passer avec lui une convention. Moyennant paiement d'une somme de cinq cents marcs, ils obtinrent du roi un répit d'un an et un jour. Si, dans cet intervalle, le roi d'Angleterre ne réussissait pas à recouvrer sa terre, ils seraient tenus de faire hommage au roi de France. Ici, nous pouvons constater une fois de plus avec quelle exactitude l'auteur était informé de tout ce qui concernait l'histoire de son héros. Nous possédons l'acte qui constate cette convention entre Philippe -Auguste et le Maréchal; nous y voyons que ce dernier remet au roi ses châteaux de Normandie en gage et lui paie, pour l'obtention du répit d'un an, la somme de cinq cents marcs indiquée dans le poème. L'acte est passé à Lisieux vers le milieu de mai de l'année 1204 -^