‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 40 sur 404 · LE JEUNE ROI RELÈVE LA CHEVALERIE · texte numérisé non relu

LE JEUNE ROI RELÈVE LA CHEVALERIE

se mirent à son exemple à retenir les bons chevaliers pour remettre en son droit point chevalerie qui n'y était plus. Le comte de Flandre [2667] fit do même, et ainsi on donnait aux jeune» hommes vaillants des chevaux, des armes, de l'argent, des terres, de bons revenus. Acluellement, au contraire, les hauts hommes nous ont de nouveau emprisonné chevalerie et largesse, si bien que la vie de chevalier errant et les tournois sont abandonnés pour les plaids. Mais, s'il plait à Dieu, le roi Henri < redonnera au monde la joie et le rire [2695]. Puisse Dieu confondre ceux qui lui donnèrent mauvais conseils ! C'est par lui que nous espérons retirer largesse de sa prison. Et Dieu nous donne de voir se réaliser les prophéties de Merlin annonçant ce qui devait avenir des rois d'Angleterre, ainsi que je le trouve écrit dans le Brut^, Dieu veuille que le roi d'Angleterre recouvre la terre quMl doit avoir et qui a été vendue par trahison 3. Mais, s'il plaît à Dieu, elle ne sera pas perdue [27^2].

Revenons maintenant à notre histoire. Parlons encore du comte Philippe de Flandre, qui, par son sens, s'élevait au-dessus de tous ses contemporains. Toutes les fois que le jeune roi entrait en un tournoi avec une troupe nombreuse rangée sous sa bannière, le comte se tenait à l'écart, attendant que les combattants fussent lassés et en désordre. Quand il voyait son avantage, il se jetait à la traverse. Là il y avait maint chevalier abattu, pris ou fait prisonnier sur parole. C'est ainsi qu'il servait le roi. Celui-ci s'en aperçut. Un jour, il feignit de ne pas prendre part au tournoi. Puis, quand on s'y attendait le moins, il s'écria :

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