TOURNOI A PLEURS
vil, mais ne dit mot. Le Maréchal arriva au lieu où étaient les bagages, tenant toujours en main le cheval. « Prenez ce cheva- « lier, » dit-il à un écuyer. « Quel chevalier? » fit le roi. « Quel « chevalier? mais celui que je mène. — Mais vous ne l'avez « pas. — Où donc est-il ? — Il est resté pendant à une gout- « tière. » Le Maréchal se retourna et rit beaucoup de ce bon tour. On en parla longtemps [2874].
Peu après, on annonça un tournoi à Pleurs*. Le jeune roi n'y alla pas, à cause de la distance, mais, avec sa permission, le Maréchal s'y rendit, accompagné d'un seul chevalier. Parmi les hauts hommes qui assistèrent à ce tournoi, on cite le duc de Bourgogne^, Philippe, le bon comte de Flandre 3, les comtes de Clermont et de Beaumont '*, Jacques d'Avesnes*, le comte Thibaut ^ le bon Bar^ois^ Gui de GhâtillonS [2921]. Du reste, il n'y eut, en toute France, en Flandres, dans les Pays-Bas, homme désireux de gagner le prix des armes qui ne se fût rendu à ce tournoi. Le pays fourmillait de monde. C'est là que vous auriez vu éperonner par la campagne des chevaux de Lombardie et de Sicile! On aurait peine à décrire les riches armures des chevaliers des deux parties [2940].
Le Maréchal excita l'admiration de tous par la force et l'adresse
1. Dans le texte, Pleiere, en latin Plaiotrum (Longnon, Dictionnaire topographique de la Marne)^ Pleurs, qu'on devrait écrire Pleure, forme usitée anciennement, est une comro. de l'arr. d'Ëpernay, cant. de Sézanne.