DES TRAITRES ESSAIENT DE PERDRE
mauvais boire. Ttiomas de GouloncesS qui n'était bon qu'à celte cuisine, y mit bien deux onces de son sel. Ils furent cinq à cette affaire. Je me suis gardé de nommer trois d'entre eux -, leurs noms se retrouveront plus loin^ [5462].
Ils n'osèrent pas présenter eux-mêmes l'accusation traîtresse qu'ils avaient inventée : ils savaient bien qu'on ne les en eût pas crus. Aussi résolurent-ils d'employer un intermédiaire. Ils s'adressèrent à Raoul de Hamars^, qui voyait fréquemment le roi et qu'ils savaient n'être pas en bons termes avec le Maréchal. L'un d'eux lui parla ainsi : « Entendez-moi, sire Raoul, t Nous ne pouvons assez nous étonner de la renommée de Guil- « laume le Maréchal, qui se donne pour si preux et si vaillant t qu'il s'est placé au-dessus de tous les chevaliers de l'hôtel du « roi. Il n'y a céans comte ni baron qui puisse se mettre à côté « de lui ni que le roi consente à écouter. Nous sommes tous « humiliés de voir un Anglais s'élever au-dessus de nous. En « France, en Normandie et partout, il n'est question que de lui. « Et savez-vous d'où vient tout ce fracas ? Simplement de ce que « Henri le Norrois^, dès que le roi éperonne^, se met à crier : a « Ça ! Dieu aide au Maréchal ! » [5226]. Chacun se serre autour « de lui, et il y a une telle presse que personne ne peut étendre « la main ; tandis que lui, pour prendre chevaux et chevaliers, il « lui suffît d'ouvrir les mains et de saisir ceux qui sont devant a lui. Dès que Henri crie, personne ne fait plus attention au roi. a Voilà d'où vient sa chevalerie; voilà comment il gagne l'ar- « gent avec lequel il se fait tant de bons amis, tandis que nous « sommes mis arrière. Ce n'est pas encore cela qui nous coura rouce le plus. Mais c'est pure vérité qu'il est l'amant de la « reine ^. C'est grand malheur et grand dommage. Si le roi le