LE MARÉCHAL REFUSE DES OFFRES BRILLANTES
naires* durèrent peu de temps. Lorsque les escadrons s'entreheurtèrent, il y eut tant de lances brisées que les chevaux avaient peine à avancer. On tournoya sur place, et le fracas fut tel qu'on n'eût pas entendu Dieu tonner 2. Le comte de Saint- Pol fut pris par le frein, mais le Maréchal vint à la rescousse et le délivra de plus de sept chevaliers qui l'emmenaient [6084]. On aurait vu mainte bannière traîner dans la fange et fouler maint chevalier abattu à terre. On dit que c'est entre les pieds des chevaux qu'il faut chercher les braves. Certes, les couards ne se risqueront pas dans la presse : ils auraient trop peur d'avoir du mal. Le comte de Saint-Pol fut pris de nouveau; ses gens ne savaient ce qu'il était devenu, mais le Maréchal le délivra encore [6^40]. Après le tournoi, les hauts hommes s'assemblèrent sur le lieu de la rencontre. Le comte de Flandre et le duc [de Bourgogne] envoyèrent chercher le Maréchal et déclarèrent qu'il l'avait emporté sur tous ceux du tournoi [6454]. Chacun désire l'avoir. Le comte de Flandre et le duc [de Bourgogne] lui offrent cinq cents livres de rente. L'avoué de Béthune veut lui donner une ville et cinq cents livres de terre ^. Jacques d'Avesnes lui offre une ville, trois cents livres et la haute main sur tout ce qu'il possède. Mais le Maréchal les remercia'*. Il ne voulut pour le moment accepter aucun engagement, ayant d'abord l'intention de se rendre en pèlerinage aux Trois rois de Cologne. Jacques d'Avesnes s'offrit à l'accompagner, et ils y allèrent ensemble à grande joie [6492].
La renommée apporta à la cour du jeune roi la nouvelle du tournoi de Ressons. « Et qui l'a fait le mieux? » demanda alors
par rapport au premier tournoi tenu au môme endroit. Il n'est pourtant guère probable que cette répétition soit l'œuvre du copiste.