‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 78 sur 404 · TOURNOI ENTRE RESSONS ET GOURNAI · texte numérisé non relu

TOURNOI ENTRE RESSONS ET GOURNAI

Entre temps, il acheta à la foire de Lagni un cheval de prix qu'il ne paya que trente livres. 11 ne l'aurait pas revendu pour quarante ni même, à ce que j'ai ouï dire, pour cinquante. Il eut alors deux bons chevaux avec lesquels il pouvait se présenter partout [5972].

Vingt jours après la Noël, un nouveau tournoi fut assigné entre Ressons et Gournai^ Les barons, qui avaient envoyé à la recherche du Maréchal et ne Tavaient pas trouvé, étaient fort en peine de lui. Ils le virent arriver au tournoi en riche appareil. On aurait eu peine à estimer la valeur de son équipage. C'était chose à laquelle il mettait volontiers cure. Le comte de Saint-PoP l'aperçut et, Payant reconnu à son écu, courut après lui. Ils se saluèrent et s'embrassèrent. Le comte lui dit : « Je a vous demande de me permettre d'être avec vous dans ce toura noi. — Beau sire, » reprit le Maréchal, « ce n'est pas vous a qui serez avec moi, c'est moi qui serai avec vous, autant que a j'en aurai la force. — Cinq cents mercis, » fit le comte; « vous a ne sauriez mieux dire » [60^6]. Les Flamands furent avec les Picards, les Brabançons, les Tiois^, les Lorrains et le comte de Flandre. Le duc de Bourgogne vint avec les Bourguignons, les Champenois, les Français, les Normands, les Bretons, les Angevins. Le comte de Saint-Pol s'arma avec trente chevaliers. Mais il se trouva qu'ayant distribué ses chevaux, il n'avait plus sur quoi monter. Le Maréchal, l'ayant appris, lui dit : « Sire, <c j'ai deux bons chevaux. Je vous prie comme faveur que vous a veuillez bien tournoier sur celui des deux qu'il vous plaira. » Le comte accepta, et sachez qu'il ne prit pas le plus mauvais [6047].

Le tournoi commenç^a, mais il ne ressembla point à celui qui précédemment avait été tenu au même lieu, et jamais il n'y eut tant de fer et de bois employés en une journée^ Les prélimi-

qui épousa Baudouin, châtelain de Bourbourg, et Mahaut de Bélliune, deux fois mariée. On verra [dus loin (p. 75, v. 6268) que Robert de Béthune offrit l'une d'elles au Maréchal.

1. C'est le troisième tournoi j\ cette place; voy. pp. 36 et 68.

2. Hugues IV de Saint-Pol, 1174-1205, Art de vér. les dates, II, 77i-5.

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