‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 83 sur 404 · ET ASSIÈGE LE JEUNE ROI DANS LIMOGES · texte numérisé non relu

ET ASSIÈGE LE JEUNE ROI DANS LIMOGES

gnie de chevaliers, et, de son côté, il fit venir ses hommes ^ d'Anjou, de France, de Normandie, de Flandre. Ces derniers, étant arrivés à Limoges, se rendirent au château avec leur seigneur. Ceux du dehors^, les ayant vus entrer, leur mirent le siège, faisant garder toutes issues. Le jeune roi tint alors conseil avec trois des siens, le comte de Bretagne, le seigneur de Lusignan^ et Rogier de Gaugi^ [64U].

Le comte de Bretagne dit à son frère qu'un seul homme était capable de les conseiller, à savoir Guillaume le Maréchal. Geoffroi de Lusignan ajouta que les accusations portées contre le Maréchal étaient calomnieuses , offrant môme de le prouver par le combat judiciaire. « Et pourtant, » dit-il en terminant, « le a Maréchal ne m^aime guère, car il croit que c'est moi qui ai a tué son oncle, ce qui est tout à fait faux^ » [6458].

Voyez comme Dieu, qui veille sur les bons et à qui rien n'est caché, a bientôt fait de découvrir la trahison ! Celui qui avait ourdi le complot était alors sénéchal du roi et maître de son hôtel ^. Il vint au roi, qui tenait conseil, sans y avoir été appelé et lui dit : « Sire, le roi votre père vous a assiégé en ce a château. Je suis son homme-lige. Je n'ose plus rester avec « vous etje viens vous prier de me donner congé de me rendre « auprès de votre père, comme je le dois. — Voyez le traître, » s'écria le roi, a il montre bien à la fin comme il a calomnié le a Maréchal, le meilleur de mes hommes !» Et il allait le frapper de son épée, lorsque son frère arrêta son bras : « Ne souil-

1. c Ses bachilers » (v. 6391), sans doute les jeunes chevaliers à sa solde qui avaient couru les tournois avec lui.

2. Le roi Henri II et les siens. J. du Vigeois dit en effet que le père était dans la ville et le fils dans le château (Bouquet, XVIII, 215 de).

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