‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 85 sur 404 · L'TNNOCKNCB DU MARÉCHAL EST RECONNUE · texte numérisé non relu

L'TNNOCKNCB DU MARÉCHAL EST RECONNUE

a lez pas VOS mains du sang de ce traître, mais chassez-le. > Ce qui fut fait [6512]. Le roi, désormais convaincu de l'innocence du Maréclial, fit appeler Raoul, fils de Godefroi, son chambellan * , le plus fidèle de ses serviteurs, et lui commanda de se mettre à la recherche du Maréchal et de l'amener*. Raoul se mit en roule : il parcourut maint pays sans apprendre aucune nouvelle de celui qu'il cherchait. D s'en revenait tout fatigué lorsqu'il le rencontra [6561]. Ils s'embrassèrent, et Raoul remplit son message. Le Maréchal fut heureux d'apprendre que la trahison était dévoilée, et il en remercia Dieu. « J'arrive de Cologne, t> dit-il, et où j'ai accompli un pèlerinage aux Trois rois, afin que Dieu, « par leur mérite, voulût bien me délivrer du blâme qu'on fai- « sait peser sur moi. » Puis, ayant assuré Raoul qu'il viendrait le plus tôt qu'il pourrait, il se rendit auprès du roi de France et lui conta que le jeune roi, ayant reconnu son innocence, l'avait mandé auprès de lui [6618]. Le roi de France s'en réjouit 3 et lui fit ses offres de service. Le Maréchal le remercia et lui demanda de lui donner des lettres pour le roi Henri le père, afin qu'il pût, sans encourir la malveillance de celui-ci, se rendre auprès de son seigneur le jeune roi. « Vous les aurez, » dit le roi Philippe, « et, si le roi d'Angleterre n'en tient pas a compte, on pourra croire que c'est lui qui a imaginé cette « affaire pour vous éloigner^ » [6640].

Le Maréchal obtint les lettres qu'il désirait, non seulement du roi de France, mais encore de l'archevêque de Reims ^ et du

1. Ce Raoul fut ensuite chambellan de Richard !•', et c'est en celte qualité qu'il est mentionné par les historiens. Richard lui confia la garde de l'empereur Isaac Comnène, en 1191, et il mourut à Tripoli la même année (Ben. Peterb., II, 167, 173).

2. Le poète perd de vue l'histoire de la lutte entre le jeune roi et son père, lutte sur laquelle, du reste, il paraît avoir eu peu d'informations.

3. Le poète ne parait pas avoir su que la femme du jeune roi, injustement accusée, on l'a vu plus haut, d'une intrigue avec le Maréchal, se trouvait justement à cette époque auprès du roi de France son frère (voy. ci-dessus, p. 67, note). S'il l'avait su, il aurait sans doute prêté à Philippe-Auguste des paroles moins banales.

4. Il faut se rappeler que le roi d'Angleterre ne voyait pas d'un bon œil la présence du Maréchal auprès de son fils (cf. p. 69).

5. Guillaume aux Blanches-Mains, archevêque de Reims depuis 1176,

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