‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 93 sur 404 · IL SE REND EN TERRE SAINTE · texte numérisé non relu

IL SE REND EN TERRE SAINTE

restilution ' . On fil dans la haute église de Rouen le service convenable^. Il fui» à bon droit, regretté. Le comte de Flandres en mena grand deuil [lilÂ],

Ainsi va le monde. Il fallut que les jeunes hommes qui voulaient acquérir honneur se remissent à courir le pays. Le Maréchal se rendit, avec Baudouin de Bélhune et Hue de Hamelincourt, à un tournoi qui avait lieu en Normandie, près de Saint-Pierre-sur-Dive. Ils venaient de se mettre à table lorsque ceux du parti opposé commencèrent le tournoi et refoulèrent les nôtres^ jusque dans le village. Il arriva qu'au retour l'un des leurs fit une chute et ne put se relever, car il s'était cassé un membre. Le Maréchal sortit, le prit vigoureusement dans ses bras et le porta tout armé à l'hôtel, disant aux siens : a Tenez, tt c'est pour acquitter vos gages ^! » On obligea le prisonnier à donner fiance [7232].

Le Maréchal était croisé. Par suite on lui donnait, plus volontiers qu'à aucun autre, de riches dons et de Fargent*. C'était bien raison. Désireux de ne pas retarder plus longtemps son pèlerinage, il alla prendre congé du roi. Le roi le lui donna, mais en lui recommandant de se hâter de revenir, car il voulait le retenir à son service. En même temps, comme garantie, il prit de lui deux bons chevaux. Le Maréchal y consentit et le roi lui fit donner cent livres d'angevins pour son pèlerinage. Mais chacun de ses chevaux valait déjà les cent livres [7258].

Le Maréchal se rendit en Angleterre pour prendre congé de ses amis, de ses sœurs ^, de toute sa famille. Quand il vint chez Robert de Pont-de-l' Arche ^, sa sœur lui dit : « J'ai cinq filles

1. Il y eut des menaces de violence et le roi dut intervenir pour faire respecter la volonté de son fils ; voy. Rob. de Tor. et Ben. Peterb.

Page 1