‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 96 sur 404 · GUERRE AVEC LE ROI DE FRANCE. [H · texte numérisé non relu

GUERRE AVEC LE ROI DE FRANCE. [H

megnieel le mit au nombre de ses conseillers. Puis il lui donna la demoiselle do Liancastre*, qui était fort riche, avec son fief. Le Maréchal la tint en grand honneur et la garda de déshonneur, comme sa chère amie, sauf qu'il ne l'épousa pas^ [73^8].

Peu après arriva la nouvelle que la vraie croix était perdue', en môme temps que la terre où Dieu s'incarna en la Vierge. Les deux rois* eurent une entrevue, et, s'étant embrassés en signe de concorde, ils se croisèrent. La croisade fut si grande qu'il n'y eut en France, en Normandie, en Bretagne, en Angleterre, en Flandre, dans les Pays-Bas, en Bourgogne, en Poitou, en Gascogne, en Anjou, homme de valeur qui n'abandonnât femme et enfants pour se croiser [7339]. Le roi se rendit en Angleterre' pour préparer son départ, mais trahison et envie l'en empêchèrent, car le roi de France l'attaqua. Je ne veux point m 'étendre sur celte matière, je dirai seulement qu'il prit Ghâteauroux *. Il ne pouvait se rassasier de lui faire du mal. Les héritiers s'en ressentent encore [7358].

A cette nouvelle, le roi Henri d'Angleterre réunit une armée considérable et passa en Normandie^. Alors commença une

1. Helwis, fille de Guillaume de Lancastre, baron de Kendal, sénéchal de Henri II, mort, sans héritier mâle, en 1184 {Monasticon anglicanum, nouv. éd., VI, 909; cf. Dugdale, The baronage of England, I, 421).

2. Je traduis littéralement, sans hasarder aucune conjecture sur les rapports du Maréchal et de celte demoiselle, qui plus tard (voy. ▼. 9380) fut donnée à un autre, le Maréchal recevant en échange la demoiselle de Striguil, qu'il épousa et qui lui apporta un fief très considérable.

3. Elle fut prise à la bataille de Tibériade du 4 juillet 1187. La nouvelle de ce désastre parvint en Occident vers le !•' novembre, selon Giraud de Barri, De principis instructione, III, v (Bouquet, XVIII, 144 c; G. Cambr. opéra, VIII, 239).

4. Henri II et Philippe-Auguste. L'entrevue eut lieu entre Gisors et Trie, du 13 au 21 janvier 1188; Ben. Peterb., II, 30; Raoul de Dicet, éd. Stubbs, II, 51 ; cf. Eyton, p. 283.

5. Le 30 janvier 1188 (Eyton, p. 284). 11 dut emmener avec loi le Maréchal, car celui-ci est témoin à deux actes royaux passés en Angleterre, l'un à Geddington (Northampton), en février 1188 (Eyton, p. 285), l'autre en Wiltshire, pendant le printemps ou l'été de 1188 (Eyton, p. 288).

6. Le 16 juin 1188, selon Raoul de Dicet (éd. Stubbs, II, 55); cf. Ben. Peterb., II, 39.

7. Henri débarqua à Barfleur le 11 juillet 1188 (Eyton, p. 289).

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