‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 97 sur 404 · PROPOSITION D'UN COMBAT EN CHAMP CLOS · texte numérisé non relu

PROPOSITION D'UN COMBAT EN CHAMP CLOS

grande guerre et le pays fut ravagé. Enfin, une entrevue des deux rois eut lieu à Gisors ^ [7369]. Je ne sais ce qu'ils se dirent, car ils ne m'appelèrent pas à leur conseil, mais, ce que j'ai ouï conter, c'est qu'ils ne purent arriver à s'accorder. On allait se séparer, chacun demeurant libre d'agir au mieux de ses intérêts^, quand un chevalier proposa, pour éviter l'effusion du sang 3, de vider la querelle par un combat auquel prendraient part de chaque côté quatre chevaliers. L'idée fut agréée, car ceux qui s'étaient vantés le plus forf* gardaient le silence [7408].

Il arriva sur ces entrefaites qu'un chevalier de France peu courtois se mit à tourner les Gallois^ en ridicule. L'un d'eux perdit patience et lui envoya une flèche dans la tête. Celui-ci, ayant encore le trait dans la plaie, vint se plaindre au roi de France. Le roi fut très irrité et s'éloigna, avec les siens, jusqu'à Ghaumont^ [7436]. Puis, le lendemain, il revint à Gisors avec ses barons et ses communes armées, tous le heaume en tête et en ordre de bataille [7446].

Le roi d'Angleterre fit alors armer ses gens dans Gisors, puis il sortit de la ville, la laissant sous bonne garde, et vint se placer en face les Français; la rivière^ séparait les deux armées. Le roi de France commanda à Guillaume de Garlande^ et à Dreu

1. Raoul de Dicet (Stubbs, II, 55) place cette entrevue au 16 août; cf. Eyton, p. 289.

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