‹ L'histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'AngleterreChapitre 13 sur 25 · Voir passim les Tournois de Chauvenci · texte numérisé non relu

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7. Voir Baudouin de Condé, Le conte des hiraus, dans les Dits et contes de B. de Condé et de Jean de Condé, éd. Scheler, I, 168.

8. Jongleur et ménestrel sont deux termes souvent employés dans un même

le héraut empiète sur le terrain du ménestrel avec qui il ne tarde pas à se trouver en rivalité l ; il chante les louanges des chevaliers 2 ; il rédige des récits de tournois. Peu à peu sa position sociale grandit : il accompagne les ambassades, et, comme il connaît les règles de la courtoisie et celles du beau langage, il devient une sorte de porte-voix officiel. En même temps, le cercle de son activité littéraire s'étend. Son état lui procure l'occasion de voir beaucoup de pays et de connaître les mœurs des nations diverses. Il sait mettre à profit ses connaissances ; il rédige des travaux véritablement historiques, en vers d'abord, bientôt en prose, et au xv e siècle, notre littérature lui doit quelques-unes de ses œuvres les plus distinguées.

Sommes-nous assurés que l'auteur de l'histoire de Guillaume le Maréchal fût un héraut de profession ? Nous n'en avons pas la certitude, mais il y a au moins quelque probabilité; peut-être arriverons-nous même à découvrir dans le poème quelques détails sur sa personne. Je prie le lecteur de ne pas oublier que les observations qui suivent ne sont présentées .qu'à titre de conjectures.

Dans le récit d'un tournoi qui eut lieu à Joigny, probablement un peu avant 1180, l'auteur nous représente les dames « carolant » avec les chevaliers au son d'une chanson que chantait le Maréchal. Vient ensuite cet épisode qui ne me semble pas indifférent :

Et quant il (le Maréchal) out sa chanson dite, 3484 Qui molt lor pleist e lor délite,

Lors commença un [s] chantereals

Qui ert hirauz d'armes nov[e]als,

E chanta novele chanson, 3488 Ne saî qui louot ne que non,

Mais el refreit out 3 : t Mareschal,

c Kar me donez un boen cheval. »

Cette demande n'avait rien d'inusité : c'est l'objet même d'une pièce bien connue de Peire Vidal 4. Le Maréchal satisfit promptement le jeune héraut, et à peu de frais. Il se met en selle, et se lançant sur l'un des

sens, assez large, qui est celui du provençal joglar; mais il paraît résulter de certains exemples que le jongleur était plutôt celui qui faisait des tours ou jouait des instruments, et le ménestrel celui qui composait des œuvres littéraires en vers ou en prose.

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