Du Chesne, pp. 951 b, yfyd; pp
j . Du Chesne a publié les Gesta d après un ms. de Laon qui paraît perdu et qui présentait un assez grand nombre de lacunes. L'édition de aewell n'est qu'une réimpression légèrement corrigée du texte de Du Chesne.
points le récit du poème '. Ainsi ce n'est pas à proprement parler la cité (v. 173), mais le château de l'évêque qui fut assiégé. Il est également inexact — et c'est la plus grosse erreur de notre récit — que le roi (vv. 183, 201 , 286, 308) ait pris la moindre part à toute cette affaire : il était alors prisonnier à Bristol. Mais il y a toutefois plusieurs faits nouveaux et authentiques à tirer du poème, notamment la narration si animée, si dramatique, de la retraite de l'impératrice sur Ludgershall. Les faits étaient connus dans leur ensemble, malgré quelques divergences assez graves dans les détails, mais on ignorait le rôle important qu'y avait joué le Maréchal. C'est lui qui conseille à l'impératrice de battre en retraite vers Ludgershall (v. 199), la confiant à la conduite de Brien de Wallingford (v. 228) ; c'est lui qui, pour hâter sa marche, l'invite sans façon à chevaucher comme un homme, jambe de çà, jambe de là (w. 213-224); c'est lui enfin qui, à Wherwell, à mi-chemin entre Winchester et Ludgershall, soutient l'effort de l'ennemi et assure la retraite de sa souveraine (vv. 237-276).
Jean, ayant échappé à la poursuite des Royaux, se rendit, à pied, malgré sa blessure (il avait eu un œil crevé dans l'incendie de Wherwell), à Marlborough 2 (Merleberge, v. 276), où il fut reçu à grand'joie. Nous avons vu plus haut que, au témoignage des Gesta Stephani, il y avait sa résidence. Quelques vers plus loin (v. 284), nous le retrouvons à Ludgershall, où les Royaux (le poème dit à tort « le roi ») espèrent l'enlever. Mais il réussit à les surprendre pendant leur marche, et leur inflige un grave échec. Le comte Patriz (v. 344) y perdit ses meilleurs compagnons. Je ne trouve aucune trace de cette affaire dans les historiens.
III. — Ce que le poète nous raconte du siège de Newbury* (vv. 399 et suiv.) est complètement nouveau. Tout ce que j'ai trouvé dans les historiens sur ce siège se réduit à ces lignes de Henri de Huntingdon, à l'année 1 152 :
Rex eodem anno castrum Neubirie, quod non procul a Wintonia est, obsidens oppugnavit, et tandem expugnavit. Inde castellum de Walingeforde obsedit... (éd. Th. Arnold, Rolls séries, p. 284 ; cf. Gervais de Cantorbery, éd. Stubbs, I, 151).
D'après le poème — dont je ne puis garantir les données, puisque les moyens de contrôle font défaut — le siège aurait duré plus de deux mois (v. 654), et aurait été signalé par des faits très dignes de remarque dont voici le résumé. Le roi fait sommer le commandant (le connétable, v. 414) de lui rendre la place. Refus de celui-ci. Un premier assaut est
1. Henri de Huntingdon, éd. Arnold, p. 284 (reproduit dans Robert de Torigni, éd. Delisle, I, 223-4); Gesta Stephani, éd. Du Chesne, pp. 9^6-7, éd. Sewell, pp. 82-3 ; William de Malmesbury, Historia novella, éd. Hardy, III, 50.