‹ L'histoire de l'Île Maurice, 1705-1914Chapitre 7 sur 7 · SUN | LES · texte numérisé non relu

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tion était divisée en deux partis, appelés les « Oligarques » el les « Démocrales », quoique parmi les premiers il se trouvait des gens de couleur tandis que les derniers Comptaient certains membres riches et de très bonne famille. L’animosité était très intense. Les élections eurent lieu avec une excitation sans précédent. L'auteur. qui était encore au Coliège, se souvient que même les écoliers etaient divisés en deux partis : effervescence qui tracassait fort le Recteur. De violentes campagnes dans les journaux, des discours enflammés avaient exalté les divisions. Les premières élections eurent lieu au Port-Louis le 16 Janvier : deux démocrates furent élus. Le 17, un député oligarque fut élu aux Plaines Wilkems. Pendant que les partisans de ce dernier fêtaient sa victoire ils rencontrèrent, sur leur route, plusieurs fois, des « Démocrates ». Dans l'après-midi et dans la soirée, de violentes rencontres eurent lieu. Des coups de bâtons furent échangés. I! fallut appeler les militaires à la rescousse.

Pendant la nuit du 18, un criminel fit courir le bruit qu'un dépulé démocrate, nouvellement élu, avait été tué avec sa famille à Curepipe. Cette fausse nouvelle exaspéra la population de Ia capitale, fortement ennivréé et excitée depuis quelques jours. De bonne heure. le 19. une multitude de vagabonds défoncèrent les bureaux, les magasins et saccagèrent tout sur leur passage. Ils détruisirent les imprimeries des journaux opposés. Puis ils attaquèrent la demeure de M. Ducasse, un membre du parti oligarque. Celui-ci eut à livrer un véritable siège, tuant quelques uns des émeutiers. Ils se dirigèrent alors sur la gare centrale, et lés païisibles habitants des campagnes, se rendant à leur travail, furen: reçus à coups de bâtons, de pierres, de bouteilles, etc. Les troupes arrivèrent ivers 9 heures, et le désordre cessa : mais il gagna la campagne, où nombre de boutiques chinoises furent dévalisées. Il fallut faire garder les principales villes par des soldats pendant plus d’une semaine. Dans tous les autres districts, les oligarques furent élus.

. Le 10 Avril suivant, Sir Cavendish Boyle quitta la colonie et M. George Smith C. M. G prêta serment comme Officier Administrant, jusqu’à l’arrivée du Major Chancellor R. E. C. M. G., D. S O. Le nouveau Gouverneur arrivait avec des instructions précises à exécuter les recommandations de la Commission d’'Enquête Franc, aimable, sévère mais juste, il visita l’île entière et procéda lentement à la mise en vigueur des innovations. Accompagné de sa gracieuse compagne, il gagna bientôt l’affection profonde de tous les colons. Le 24 Juin 1912, au milieu d’une foule, et enigrande cérémonie, Son Excellence inaugura la statu2z du Ro: Edouard VIT, tant aimé à Maurice. Ce monument remarquable est encore l’œuvre du grand sculpteur Mauricien ‘ Prosper d’Epinay. :

Pendant le courant de 1912, nombre des décisions de la Commission furent mises en pratique. L’amalgation des départements eut lieu, La Commission des Pauvres, avec le Bureau de l’Immigration ; le bureau de l’enregistrement avec celui de l’état-civil ; le bureau du Port, avec celui des Douanes ; la Poste avec le Télégraphe, etc. Des experts arrivèrent, M. Harriot soumit son

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rapport et ses plans sur l'irrigation et M. Wilberforce sur les banques coopératives (1913). Le matériel du chemin de fer fut | amélioré et augmenté. Le Département de l'Agriculture commença à fonctionner le 10 Mai. Un nouveau pont sur la Grande Rivière ei une ligne de déviation (ouverte le 5 Mai) sont construits. Son Excellence, qui était un ingénieur de mérite. s occupa de doter la Colonie de beaux bâtiments, comme le Collège Royal de Curepipe (ouvert le 12 Janvier). La plupart des routes furent amélio- : rées el les ponts renconstruits en ciment armé. Le « Mauritius Turf Club », une des plus vieilles institutions, à laquelle 1a Colonie doit de nombreuses réunions sportives, célébra son centenaire. avec éclat, en Août 1912. Un grand banquet, des courses splendides un bal grandiose, réunirent les communautés, Anulaise et Mauricienne : on remarquail une forte tendance à un rapprochement et le Gouverneur et sa charmante compagne y étaient pour beaucoup. Ce rapprochement devait donner à l’île une ere de tranquilité et de prospérité sans pareille. ee Ea Juillet 1914, un incendie consuma le bel immeuble du « Family Hotel » dans le centre de Curepipe, menaçant sérieusement % la ville. Les Boy-Scouts se signalèrent alors pour leur assistance 4 effective et leur mépris du danger. La Colonie, pendant ces dernières années, fit da grands pas vers le progrès. Un service d'auto- taxis entre les principales villes fut inauguré en 1910. Le Téléphose entre Curepipe et Port-Louis fonctionna en Janvier 1914 L'irrigation fut activée ; de nouvelles étendues de terre livrées à la culture. Les finances devinrent excellentes. Des coupes abondantes étaient assurées. Telle jétait la situation de l’île, quand se déchaîna sur le monde la grande guerre. L’émotion et le chagrin étreignirent le cœur de tous les habitants de l’île, quand on apprit que le sol de la France avait été envahi. Le Consulat français fut pris d'assaut : Maurice avait à cœur d'exprimer son indignation de l’arrogance des Huns. Le lendemain, quand il fut solennellement proclamé que l’Angleterre avait déclaré la guerre à l’Allemagne, la joie devint alors du délire. Des démonstrations monstres firent voir ce que Maurice entier ressentait. 7 L'auteur regrette d’avoir à s'arrêter ici. Pour décrire les pages brillantes de l’île Maurice et son effort au cours de la Grande Guerre, il faudrait une brochure spéciale et une éloquence supérieure. Il faudrait aussi citer les noms des 809 jeunes Mauriciens enrêlés en grande majorité à leurs propres frais et qui, dans les armées Anglaises ou Françaises se sont couverts de gloire. immortelle.

Dès le début de la guerre, une souscription nationale rapporta à Maurice une somme ‘considérable. Avant d’avoir placé leur. coupe, les planteurs offrirent un million de livres de sucre aux. Armées Anglaises et autant aux Armées Françaises. La Colonie. doubla sa contribution militaire, vota quelque temps après, un. million de roupies pour {des aéroplanes, leva un bataillon de. travailleurs de 1.709 hommes, qui se rendirent extrêmement. utiles en Egypte, paya une partie des dépenses de ce bataillor. tandis qu’elle entretenait une force splendide de Volontaires, vieux ef jeunes, pères et fils, s’accordant pour la défense de

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leurs foyers. Concerts et « fancy fairs » se succédèrent ; dames et jeunes filles de l’île travaillèrent sans cesse, pour recueillir des fonds destinés à être envoyés en Europe. Les Boy-Scouts Mauriciens prêtèrent aussi leur vaillant concours à toutes ces œuvres, Des quêtes fructueuses pour les Croix Rouges Anglaises et Françaisés des Œuvres spéciales. des comités se formèrent partout. pour l’envoi aux isoldats de vêtements, de cigarettes et de gâteries de toutes sortes.

Les années de la guerre ont éloquemment prouvé que les fils de l'île Maurice, l’ancienne île de France, sont restés dignes de leurs ancêtres si vaillants, ils ont montré cette chevalerie. ce dévouement cette générosité qui caractérisèrent, en tout temps, les colons Mauriciens. L’Ile Maurice demeure la perle de l'Océan Indien. Elle restera, nous en sommes certains, chère au Gouvernement Impérial, autant qu'à sa patrie d’origine, la France, aujourd'hui amie et alliée de l'Angleterre pour toujours.

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