‹ L'histoire de l'Île Maurice, 1705-1914Chapitre 6 sur 7 · AN NT · texte numérisé non relu

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dernière. Le 30, Sir Charles Bruce quitta l'ile. Sir Graham Bower prêta serment comme Officier Administrant la Colonie, Jusqu'à larrivée de Sir Cavendish Boyle le 20 Août 1904. Aucun grand événement eut lieu pendant 1903 et 1994. La première automobile fut introduite le 23 Décembre 1903.

M. Gleadow, expert envoyé à Maurice pour étudier le reboisemenr de l’île sur certaines étendues, débarqua le 16 Avril. Son rapport fut soumis au Conseil le 12 Décembre 1905. Il contenait de tristes accusations contre les colons ; comme elles n'étaient nullement méritées, une violente discussion eut lieu au Conseil le 28 suivant. Le Gouvernement se rendit alors’ au désir des membres et les passages injurieux du rapport furent retranchés.

A la suite des ravages du surra, ainsi que de la mévente des sucres et des coupes réduites, les finances de la Colonie se mirent très basses. Le budget, depuis quelque temps. accusait plus de dépenses que de recettes. Cela pouvait continuer quelque temps ; mais. les réserves épuisées, la colonie allait à sa ruine complète.

La Chambre d'Agriculture demanda, au nom des planteurs, un. emprunt de Rs. 3000000 pour réaliser des améliorations absolument! nécessaires dans les propriétés sucrières ; la création d’un Département d'Agriculture et de banques coopératives, pour aider les petits planteurs. Une partie de l’emprunt devait aussi permettre au chemin de fer d'améliorer et d'augmenter soa matériei roulant, afin de pouvoir faire face au trafic de la. coupe.

Le Secrétaire d'Etat refusa, sous la ferme impression que les. services civils devaient être fortement réduits, en vue d’économies. Un triste incident eu lieu au Conseil Législatif le 9 Juillet 1907. L’Hon. Sauzier protesta contre la nomination de M. Banbury au poste de Receveur Général, que M. du Vergé, un Mauricien, avait occupé pendant longtemps à la satisfaction générale. M. Cameron, le Secrétaire Golonial, homme fort inteiligent, fit une sortie fort triste pour l'honneur de cerlains membres du Service Civil de Ia Colonie. Les membres du Conseit protestèrent et demandèrent des excuses. Pour calmer l'esprit d’indignation qui régna encore longtemps après, de grands. meetings avant d’ailleurs exigé le renvoi de M. Cameron, le Secrétaire d'Etat tranféra dans une autre colonie le Secrétaire Colonial si imprudent en paroles.

En Mars 1908, les finances de l’île se trouvaient dans un état tel'em°n° crt que q’'ild vin :bs lument mss'le de co”l'nuer. La Chambre d’Agriculture demanda une seconde fois un emprunt; le Secrétaire d'Etat cette fois proposa de faire nommer par la Colonie une Commission, pour procéder à une enquête sur l'industrie sucrière et ladministration civile de l'île. Après avoir étudié le Rapport de la Commission, on se rendrait aux désirs des planteurs, si un emprunt était inévitable. La Chambre d'Agriculture le 8 ‘Avril, le Conseil Législatif le 23, par 24 voix contre 3. refusèrent la Commission d’Enquête, comme n'étant

ne

d'aucune nécessité : la colonie n'ayant plus de fonds et se trouvant même fortement endettée, ne pouvait guère supporter les. frais nouveaux d’une Commission d’ Enquête. Le Secrétaire d'Etat s’eugagea alors à faire payer ces frais par le Gouvernement Impérial.

Pendant ce temps, MM. Mérandon, En Guibert, Dauut : et autres membres d’un parti appelé « L’Action Libérale », menèrent une campagne active en faveur d'une Commission d'Enquête. Le 1er Juin, MM. Mérandon et Dawson quittèrent Port-Louis dans une « Roulotte » et firent le tour de l'ile pour. propagande, L’animosité entre les différents partis devint si forie, qu’on reconnut nécessaire de faire caserner des roue au Gouvernement, en Décembre 1908.

Le 2 Février 1909, :le Conseil Législatif se décida à voter, avec une majorité de quelques VOIX, la demande d’une Commission d’'Enquête qui fut accordée par le Secrétaire d'Etat le 8 La Commission. composée de Sir Frank Swettenham, Président, Sir Edward O’Malley, M Woodcock et de M. Harding Secrétaire, débarqua à Maurice le 18 Juin, y séjourna jusqu’au 21 Août et entendit de nombreux témoins.

La plupart étaient contre l'imposition de nouvelles taxes. lIs expliquèrent que la Colonie avait fait des coupes réduites pendant plusieurs années consécutives, que le surra avait entraîné à des dépenses énormes, tandis que le sucre se vendait à un prix très

bas. De meilleurs jours étaient déjà en vue. Les habitants ne

pourraient supporter de nouvelles taxes, incapables qu'ils étaient déjà de joindre les deux bouts. L'amélioration des usines, pour permettre une réduction du coût de fabrication du sucre {da seule industrie de l’île), était la réforme la plus nécessaire. Le 22 Juin

1910, le rapport de la Commission fut déposé au Conseil. Si l’en- .

quête n'avait pas satisfait la.majorité des habitants, elle rendit quelques grands services à la Colonie. En Novembre 1909, un. emprunt de Rs. 4.000.000 fut approuvé pour la réfection du ‘chemin de fer, devenue absolument nécessaire depuis quelques années Le Rapport recommanda la création d'un Département d'Agriculture, des banques coopératives. de l'irrigation etc: Dans l'administration, surtout dans certains départements, la Commis: sion poussa l'amalgation des divers postes el’la réduction du personne: à la folie | Tous les salaires furent réduits et ceux des

petits employés descendirent à des prix dérisoires.

Depuis 1907, la colonie fut visitée par plusieurs experts. Sir David Hunter fut envoyé pour faire un rapport sur le chemin. chemin de fer. En Novembre, le Major Ross, médecin expert sur la question des fièvres. débarqua à Maurice. Malgré les grosses sommes dépensées pour la canalisation des rivières, et la destruction des arbres (même historiques) la malaria sévit fortement dans l’île et y cause de nombreux décès tous les ans. M. Lee. expert sur le coton, et Sir William Taylor, chargé de procéder à une enquête sur Te fonctionnement du épartement des Douanes, séjournèrent aussi dans l’île pendant quelque temps.

L'année 1911 vit la colonie reprendre, graduellement, sa pros: périté. En Janvier. devaient avoir lieu les élections. La popula- à

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