PASSAGE VOÛTÉ
siècle qui fut grandiose. Louis XIV a dressé des monuments magnifiques ; il a su s'entourer de grands hommes qui font la splendeur de son règne et qui portent au loin la gloire du génie français. Politiquement, il a parachevé l'œuvre de Louis XI et de Richelieu, en matant la noblesse : les héritiers du monde féodal ne sont plus désormais, autour du souverain, qu'un aéropage de courtisans. Apothéose. Le Roi est maître absolu. Mais, dans les rues et les campagnes, le peuple exsangue et qui paie tout, s'agite, grogne; les cerveaux fermentent; l'avenir gronde.
L'œuvre des Capétiens est finie; donc leur rôle est fini. Depuis le XIe siècle, ils travaillent à constituer la France et à consolider leur couronne ; puisque cette double tâche est accomplie, ils peuvent disparaître : le siècle prochain les déposera. Ainsi le veut, non pas l'ingratitude humaine, mais l'inexorable logique qui préside universellement à toutes les formes de la vie : quand une force a donné ce qu'elle avait à produire, et qu'elle ne produit plus, elle cède la place.
Sous les arcades :
Monument funéraire du cœur de Paul de Gondy, cardinal de Retz (f 1679). Provient de la chapelle du couvent des Filles-du-Calvaire, à Paris.
Monument funéraire de Jacques Guigou, seigneur de Varatre (f 1688). Provient de l'église Saint-Roch, à Paris.