LES MOSAÏQUES
Les Romains avaient importé dans les Gaules l'art de la mosaïque ; des petits cubes de pierres diverses étaient juxtaposés et cimentés, formant ensemble une décoration multicolore, pour servir au pavement du sol comme au revêtement des murailles. Les Byzantins enrichirent de smalt et d'or la mosaïque à laquelle ils donnèrent une magnificence dont Venise et Ravenne nous ont gardé les types ; plusieurs églises de France, du ve au xme siècle, furent décorées ainsi. Le bombardement de la cathédrale de Reims y a révélé, dans le chœur, une mosaïque carolingienne.
En tant que décoration murale, ce procédé qui exigeait de grandes surfaces planes disparut dans la période gothique, qui ne les lui fournissait plus. Comme pavement, il ne tarda point à disparaître aussi, faute de professionnels en cet art. Cependant l'Italie ne ie désapprenait pas complètement et, dès le milieu du xve siècle, les verriers de Murano (Venise) le remettaient en faveur.
Mais la Renaissance italienne fit pour la mosaïque ce qu'elle faisait pour la tapisserie ; au lieu de lui conserver le caractère largement décoratif de ses compositions, elle lui appliqua les principes de la peinture, et s'attacha à exécuter de véritables tableaux ; elle réalisait ainsi des miniatures (ce que d'ailleurs l'antiquité avait essayé avant elle) et elle ornait de mosaïques des bijoux ou des meubles. Florence, au xvie siècle, fabrique des cabinets, des glaces, des tables, qui se rehaussent de marbres versi colores, marqueterie de marbre plutôt que véritable mosaïque. Ce genre, très goûté en France au commencement du xvne siècle, provoqua chez nous une renaissance de la mosaïque ; Louis XIV appela des ouvriers italiens ; des ateliers se fondèrent aux Gobélins ; des pierres somptueuses,
agathe, jaspe, cornaline, apparurent dans la décoration des salles et des meubles qui resplendissaient, selon le goût du Grand Roi.
La Vierge et l'enfant adoré par deux anges, mosaïque par David Ghirlandajo. Art florentin, fin du XVe siècle. Provient de l'église Saint-Merry, à Paris.
Dans la partie droite de la salle, en deux vitrines cubiques supportées par deux tables Renaissance [travail français, milieu du xvie) ; première vitrine cubique :
Vierge à deux faces, art flamand, commencement du
xvi° siècle.
Joseph d'Arimathie et Nicodème au Calvaire (?). Figures provenant d'un retable. Art français ou flamand, commencement du xvie siècle.
Ange musicien. Art flamand, xve siècle.
La Vierge au Calvaire. Art français, vers 1510.
Le mauvais larron. Personnage articulé, à ressorts, tirant la langue, roulant les yeux et pouvant se fixer à la chaire du prédicateur. Art d'Auvergne, XVe siècle.
Goiïrets en bois sculpté. Art français, xve et xvie siècle.
Seconde vitrine cubique :
Tête de Christ. Art du midi de la France, fin du xve siècle.
Tête de saint Jean dans un plat, bois peint et doré. Allemagne du Sud ou Italie du Nord, xve siècle.
Masque du Christ, paraissant provenir d'une mise au tombeau. Allemagne du Sud, commencement du xvie siècle. (Ce masque semble s'être complété de postiches et de draperies.)
Entre les deux vitrines cubiques, en deux vitrines plates :
Personnages provenant de retables. Art français et flamand, xve et commencement du xvie siècle.
Figurines, petits diptyques, bullettes et menus bas-reliefs en bois sculpté. Art français, byzantin, allemand, flamand. Peigne copte du IVe siècle, peignes français des XVe et XVIe siècles.